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GEOLOGIE de l’AUDE
Table des matières
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Extrait de : http://www.languedoc-roussillon.ecologie.gouv.fr/Aude/fondements12.asp |
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Globalement, le département de l'Aude peut se diviser en trois secteurs géologiques :
| au nord, la Montagne Noire appartient au Massif Central ; | |
| au sud, du Pays de Sault aux Corbières, la géologie et les reliefs sont
liés au système pyrénéen ; | |
| entre les deux, une zone de sédiments tertiaires et quaternaires forme le
sillon audois drainé par le Fresquel et l'Aude. |
La géologie du département est relativement complexe ; les sols et les reliefs actuels sont le fruit d'une longue histoire.
A l'ère primaire, le territoire départemental est occupé par le massif
montagneux hercynien. Il y a 245 millions d'années, les montagnes disparaissent
par érosion ; il n'en reste que le socle ancien que forment aujourd'hui les
roches profondes : granites et roches métamorphiques.
A l'ère secondaire (-245 à -65 millions d'années), ce socle est couvert par
la mer au niveau des Pyrénées. D'épaisses couches de sédiments calcaires,
marneux et argileux s'y déposent durant plus de 100 millions d'années.
A l'ère tertiaire (-65 à -1,65 millions d'années), la chaîne pyrénéenne
s'élève et se plisse. Le socle, fortement fracturé, est porté en altitude.
L'érosion dégage la couverture sédimentaire et met en relief les blocs
granitiques dans la partie centrale la plus élevée. À des altitudes plus
basses, cette couche sédimentaire a subsisté. Elle forme le plateau de Sault
et les Corbières. Le massif de Mouthoumet, au centre des Corbières, constitue
une curieuse exception en laissant apparaître en surface les roches calcaires,
dolomies et schistes du massif ancien. Des paysages particuliers s'y dessinent,
avec un maquis de chênes verts plus dense que dans la garrigue voisine et, en
altitude, des impressions d'alpages ouverts sur les hauts sommets pyrénéens à
l'horizon.
Bien que formée sur le massif ancien hercynien, la Montagne Noire ne s'est soulevée qu'après les Pyrénées. A l'ère tertiaire, le socle est recouvert d'une faible épaisseur de sédiments. Durant le tertiaire et le quaternaire, il se courbe. Puis l'érosion déblaie la couche de sédiments et révèle le socle. On le perçoit particulièrement bien dans les vallées étroites et taillées en V qui incisent les pentes aux parois sombres de schistes déchiquetés. Quant au granite, il fait une discrète apparition sous forme de boules et petits chaos isolés sur les sommets. La couverture sédimentaire apparaît au pied du massif ancien de la montagne et forme des plateaux calcaires et des cuestas de faibles hauteurs, de Carlipa à Montolieu.
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Tors de gneiss (empilements de boules rocheuses) sur les pelouses du Pic de Nore. |
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Murs en granite et schiste aux Martys dans la Montagne Noire. |
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Maison en granite le long de l'Aiguette avant le col de Jau. |
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Muret en blocs de granite le long de l'Aiguette vers Counouzouls. |
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Marbre rouge de Caunes-Minervois sur les trottoirs de Carcassonne. |
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Escarpement rocheux de schiste sur les pentes de la Montagne Noire. |
Les roches primaires issues du massif ancien apparaissent suite au
soulèvement des montagnes puis à l'érosion qui les ont révélées. Elles se
retrouvent dans les Pyrénées, le massif de Mouthoumet au centre des
Corbières, et dans la Montagne Noire, qui se rattache aux montagnes
héraultaises et forment l'extrémité sud du Massif Central, lui aussi issu du
plissement hercynien. Ce sont des gneiss, schistes, micaschistes et granites.
Il s'agit de dépôts des mers de l'ère primaire, accumulés durant 250
millions d'années, puis métamorphisés, c'est-à-dire transformés en
profondeur, par suite de la surrection de la chaîne des montagnes hercyniennes.
Ce métamorphisme transforme les argiles en schistes et les calcaires en marbres :
| les
schistes
(en vert kaki sur la carte) se rencontrent sur les pentes de la Montagne
Noire et des Pyrénées audoises, ainsi que dans le massif de Mouthoumet.
Ils accueillent une végétation plus luxuriante de maquis que les garrigues
des sols calcaires car ils retiennent mieux l'humidité. On les retrouve sur
les murs des maisons dans la Montagne Noire, parfois mélangés avec du
granite dans les Pyrénées, ou du calcaire dans les Corbières. Les
schistes sont particulièrement spectaculaires sur les pentes de la Montagne
Noire où les ruisseaux ont taillé des vallées en V caractéristiques de
cette roche, dessinant des paysages noirs et hérissés de roches pointues ;
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| les
marbres
sont présents dans le Minervois, à Caunes-Minervois, village réputé pour
ses carrières de marbre variant du rose pâle au rouge sang ; il est
exploité dans la carrière du Roy depuis le XVIIe siècle. Faute
d'apercevoir du marbre dans le paysage, on pourra l'admirer dans de
nombreuses églises du département ou en pavement des places, notamment à
Carcassonne, et jusqu'à Versailles (au Grand Trianon notamment). |
Les gneiss sont des roches qui ont subi un métamorphisme plus important que
les schistes, et les granites sont issus du magma refroidi en profondeur :
| les
gneiss
(en vert kaki sur la carte) apparaissent autour de Saissac et sur le Pic de
Nore où ils froment des tors de gneiss, empilements de boules rocheuses ; |
| les
granites
(en rouge sur la carte) constituent l'ossature profonde de la Montagne Noire
; ils restent discrets dans le paysage, apparaissant essentiellement dans
les pentes du Cabardès vers Montolieu et sur les plateaux des sommets. On
retrouve du granite dans les constructions, notamment aux Martys mélangé
aux schistes, ou à Montolieu mélangé aux calcaires. Côté pyrénéen,
les sommets du Madres et du Dourmidou sont aussi constitués de granites,
où les blocs sont visibles dans les pentes, mais aussi dans les
constructions traditionnelles. |
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Les falaises de calcaires marins du Crétacé dans le défilé de Pierre-Lys. |
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Les calcaires massifs du Jurassique et du Crétacé apparaissent
dans les falaises rocheuses des gorges de Galamus. |
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Exploitation de la dolomie dans la carrière de Sainte-Colombe. |
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Marnes du Crétacé supérieur mises à nu par l'érosion vers
Duilhac-sous-Peyrepertuse. |
Le plateau de Sault, les Hautes-Corbières, les Corbières orientales et
jusqu'à la montagne de la Clape, sont constitués de calcaires hérités de
l'ère secondaire : toute la région est alors couverte par la mer et les
dépôts sédimentaires marins s'accumulent, formant des épaisseurs
considérables de calcaires, issus des animaux vivant dans ces mers chaudes et
peu profondes :
| les
calcaires du Jurassique
(en bleu sur la carte) forment une crête solide le long d'une faille
est-ouest qui se retrouve sur la limite départementale sud. Ses calcaires
durs apparaissent à nu dans les falaises impressionnantes des gorges de
Galamus. Ces mêmes calcaires se retrouvent le long de la faille nord
pyrénéenne barrant le sud du plateau de Sault et dans les Corbières
orientales où ils dessinent les paysages gris clairs caractéristiques des
garrigues, notamment autour de Fitou ; |
| les
calcaires du Crétacé
(en vert clair sur la carte) constituent le socle du plateau de Sault, des
Hautes-Corbières, du Massif de Fontfroide et de la montagne de la Clape.
Ces roches massives de couleur claire, presque blanche, dessinent des
falaises remarquables dans la Clape, le rebord du plateau de Sault, le
défilé de Pierre-Lys. |
Cette épaisseur de calcaire favorise la formation de paysage karstique bien
particulier :
| très
poreux, le calcaire ne retient pas l'eau qui s'écoule dans les failles,
favorisant des paysages plutôt secs, tel qu'on les voit dans les Corbières
orientales où la roche mise à nu affleure sur les pentes, donnant cette
teinte blanchâtre très caractéristique des garrigues ; | |
| le
calcaire est dissous par l'eau qui forme de nombreuses grottes, notamment la
grotte d'Aguzou près de Fontanès-de-Sault ; | |
| dans les
Corbières et le Minervois, la garrigue pousse sur les sols issus de
roche-mère calcaire ; l'alternance garrigue-maquis révèle le passage du
calcaire aux schistes (voir chapitre "les paysages et la
végétation''), bien lisible lorsque l'on passe des plateaux du Minervois
(vers Caunes-Minervois) aux pentes schisteuses de la Montagne Noire ; | |
| ces
calcaires parfois dolomitisés, sont des roches à la patine blanche ou
grise, qui jaillissent de la végétation méditerranéenne et qui
caractérisent les paysages des garrigues. |
Dans le paysage, les calcaires du Crétacé et du Jurassique sont souvent
très proches, voire imbriqués et il est difficile de les distinguer. C'est le
cas par exemple sur les parois des gorges de Galamus.
D'autres dépôts se forment dans la mer du Jurassique :
| les
dolomies
se sont formées par précipitation de dolomites (minéral composé de
calcium et de magnésium) qui se déposent dans les lagons de la mer du
début de l'ère primaire. Les calcaires dolomitiques apparaissent sur le
Plateau de Sault sous la forme de blocs calcaires ruiniformes
caractéristiques : des rochers gris se séparent les uns des autres,
dessinant des ruines naturelles. Ces mêmes formations se retrouvent dans le
massif de Mouthoumet et sur les bas des pentes de la Montagne Noire. La
dolomie est notamment exploitée dans la carrière de Sainte-Colombe, dans
les gorges de l'Aiguette ; pure et blanche, elle est essentiellement
utilisé pour fabriquer des revêtements de sols, peintures et enduits ; | |
| des marnes
s'accumulent dans les fonds ; des grès et des calcaires sont
intercalés dans les marnes : on peut notamment observer cette succession
vers Cucugnan où des marnes jaunes sont mises à nu sur les pentes raides,
ou apparaissent entre les rangs de vignes. |
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Marnes près de Monze sur les pentes de la montagne d'Alaric. Ces roches sédimentaires marines sont ravinées par l'érosion et très reconnaissables à leur couleur gris bleu dans les Corbières. |
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Marnes ravinées sur les pentes du Val de Dagne. |
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Argiles rouges près de Laure-Minervois. Sous un climat chaud, certaines roches calcaires sont transformées en argile et libèrent du fer qui leur donne cette teinte étonnante dans le paysage. |
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Les calcaires massifs du Crétacé inférieur et du Jurassique dessinent une longue échine entre l'Aude et la vallée du Fenouillèdes ; ici vue depuis le château de Peyrepertuse. Le Grau de Maury, véritable brèche dans cette muraille, est bien visible. Au premier plan, le Sarrat du Bac au pied duquel s'appuie Cucugnan. |
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Le Pech Bugarach : des calcaires massifs du Jurassique (-200 millions d'années) chevauchent des marnes tendres du Crétacé inférieur (-100 millions d'années). |
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Vers -14 millions d'années (Miocène puis Pliocène) des calcaires lacustres se déposent dans des lacs vers Argeliers ; ici l'étang d'Ouveillan dans une dépression au milieu des calcaires lacustres du Pliocène. |
Durant l'ère tertiaire, des mouvements tectoniques importants vont fortement
modifier le relief de la région. À partir de - 45 millions d'années, la
chaîne pyrénéo-provençale va naître et s'étendre, comme son nom l'indique,
des Pyrénées à la Provence. Dans le même temps, le plissement pyrénéen
s'effectue. Dans les Corbières, les marnes sont surmontées de grès côtiers
puis de conglomérats continentaux qui dévalent des torrents érodant les
montagnes toutes jeunes ; ils sont formés de galets arrachés aux Pyrénées en
pleine surrection. Ces conglomérats sont les "poudingues de
Palassou", des roches composées de galets plus ou moins gros collés les
uns aux autres par un ciment gris naturel. On les retrouvent notamment dans les
Corbières, le Razès, la Malepère et la Piège sur les pentes ravinées où
ils forment des microfalaises parsemées de galets.
Le serrage entre les plaques tectoniques se poursuit et va bientôt
entraîner le plissement des roches et même leur chevauchement. Dans les
Pyrénées, la haute chaîne est séparée de la zone nord-pyrénéenne par la
''faille nord-pyrénéenne'', que l'on perçoit aujourd'hui dans le Pays de
Sault en passant des schistes aux calcaires (vers Sainte-Colombe-sur-Guette
notamment). L'avant-pays est plissé mais peu déformé : nord des Corbières,
Quercorb, Razès, Malepère et Piège.
Ce serrage des plaques entraîne la déformation des roches qui sont fortement
compressées. Il va jusqu'à provoquer :
| un
chevauchement des roches le long de la faille qui court au sud du
département et dessine la grande échine qui passe par Quéribus, le Pech
de Bugarach et les falaises du rebord du Plateau de Sault. Dans les
Corbières, ce phénomène a provoqué un accident tectonique encore bien
visible dans le paysage d'aujourd'hui : au niveau du synclinal des
Fenouillèdes, les calcaires du Crétacé inférieur et du Jurassique
chevauchent les marnes plus récentes du Crétacé supérieur. L'exemple le
plus marquant est le Pech de Bugarach où la masse des calcaires massifs du
Jurassique coiffent les marnes plus tendres du Crétacé, dessinant un
sommet rocheux et découpé qui repose sur des pentes plus douces ; | |
| un
déplacement des nappes rocheuses du sud vers le nord, dans la partie nord
des Corbières. Ainsi, la montagne de la Clape, qui appartient aux
Corbières, s'est vue transportée de plusieurs dizaines de kilomètres,
l'isolant totalement du restant du massif. Les autres reliefs du littoral
sont issus du même phénomène : île Saint-Martin, île Saint-Lucie, Cap
Romarin, plateau de Leucate, Caussagues... |
Vers - 40 millions d'années, des montagnes s'élèvent sur tout le golfe du
Lion. Mais tandis qu'à l'ouest et au centre de la chaîne des Pyrénées les
reliefs continuent leur montée, à l'est l'histoire de la formation de la
Méditerranée interfère avec celle de la chaîne pyrénéo-provençale qui
s'affaisse autour du golfe du Lion.
Vers - 30 millions d'années (Oligocène), tout le secteur montagneux du golfe du Lion commence à s'effondrer : le bassin méditerranéen s'ouvre. Des failles apparaissent et sont responsables de cet affaissement des reliefs. Au niveau des Corbières, leur direction NE-SW limite les fossés d'effondrement de Portel et de Tuchan-Paziols (unité de paysage n°15), qui se remplissent de dépôts grossiers qui forment les sols très caillouteux favorables à la culture de la vigne ; on retrouve ces gros galets dans les murs des constructions.
Vers – 18 millions d'années, la mer miocène s'avance largement dans les terres par les fossés d'effondrement des failles. Les eaux marines alimentent des lagunes où se déposent gypse et sel, notamment en Camargue, mais aussi vers Narbonne (gypses de Portel). Les massifs côtiers de la Gardiole et de la Clape constituent alors des îles.
Puis vers -14 millions d'années (toujours au Miocène) la mer se retire complètement. Sur les terres émergées, des lacs et rivières vont parfois s'établir. Ainsi des calcaires lacustres se déposent vers Argeliers ; ils forment notamment les reliefs du village d'Ouveillan où une cuvette enserre un ancien étang salé délaissé par la mer. Le même phénomène concerne l'étang de Marseillette situé dans une cuvette des reliefs du Bas-Minervois (voir ''les paysages et l'eau'') ; aujourd'hui asséché, l'étang est devenu une plaine agricole fertile. Avec la fermeture du détroit de Gibraltar vers -6 millions d'années, la Méditerranée s'assèche à plusieurs reprises. Puis vers -5 millions d'années (Pliocène) le niveau remonte largement (la mer s'étendant alors jusqu'à 20 kilomètres au sud de Lyon).
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Le lido est une étroite bande sableuse séparant les étangs de la mer, ici à la Franqui. |
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La plaine d'Espezel sur le plateau de Sault est une grande dépression fermée ou poljé, formée par un lac lors de la dernière période glaciaire. |
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La vallée en V creusée par la Clamoux dans les schistes. |
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La gélifraction peut former des éboulis dans les Corbières : ici les gorges du Ripaud vers Fontjoncouse. |
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La falaise du Pech Fraysse est un paysage karstique. Il s'agit d'un lapiés, un paysage déchiqueté et accidenté, formé par l'infriltration de l'eau dans les fissures de la roche. |
Durant l'ère quaternaire, l'érosion des montagnes, qui a débuté dès leur
formation, se poursuit. Elle va créer les paysages que nous connaissons. C'est
essentiellement le travail de l'eau qui va sculpter le territoire, des sommets
au littoral.
Les changements de climats s'accentuent : des périodes froides
"glaciaires'' succèdent aux périodes chaudes ou tempérées. Les
refroidissements entraînent l'installation de grands glaciers, notamment sur
les sommets des Pyrénées.
Dans les montagnes plus basses, la gélifraction va fortement éroder les
reliefs : l'eau qui s'infiltre dans les fissures des roches augmente de volume
en se transformant en glace ; la pression fait alors éclater la roche et la
fragmente en débris.
Aujourd'hui encore, cette érosion est toujours active. Dans les hauts sommets
des anciens cirques glaciaires, les parois se couvrent de grands tabliers
d'éboulis, visibles près du Pic du Bernard Sauvage. Plus bas, même sous
climat méditerranéen, les quelques jours de gel suffisent à créer dans les
Corbières et garrigues des éboulis à vif, non couverts par la végétation.
On les retrouve dans les Corbières et la Clape où ils forment des tas de
cailloux gris très instables qui s'écoulent sur les pentes, bien visibles dans
les gorges du Ripaud vers Fontjoncouse.
Dans les calcaires, depuis le Pays de Sault jusqu'aux Corbières, la roche est sujette à un phénomène discret mais important : la dissolution du calcaire par l'eau chargée de gaz carbonique. Ce gaz combiné avec l'eau donne de l'acide carbonique qui attaque les roches calcaires en dissolvant le carbonate de calcium. Cette dissolution produit les formes topographiques très accidentées des reliefs karstiques. L'eau s'infiltre dans les fissures et les élargit, formant des lapiés, paysages rocheux et accidentés bien visibles sur les pics rocheux des Corbières, notamment sur le sommet de la Montagne de Tauch, au Pech Fraysse, où les calcaires dolomitiques se détachent en blocs dessinant une falaise morcelée.
Dans le Pays de Sault, cette dissolution des calcaires s'est parfois concentrée et a formé des "puits'' en creux qui gardent la neige jusqu'en juillet. De beaucoup plus grande taille, le ''poljé'' d'Espézel est une grande dépression fermée, creusée par dissolution du calcaire, qui accueillait un lac lors de la dernière période glaciaire alors que les eaux ne pouvaient pas s'infiltrer en totalité dans la roche.
Quant au curieux gouffre de l'Oeil-Doux dans le massif de la Clape, il s'est formé à la suite de l'effondrement d'une cavité souterraine et offre aujourd'hui un regard naturel sur la nappe phréatique proche du niveau zéro.
Le ruissellement de l'eau agit aussi très fortement et creuse les vallées
et gorges que l'on peut observer aujourd'hui. Le creusement du lit de la
rivière s'accompagne d'autres phénomènes d'érosion tels que le ravinement et
l'éboulement qui dessinent les vallées en V que l'on retrouve en particulier
dans les schistes de la Montagne Noire : la Clamoux, l'Orbiel et
l'Argent-Double.
Dans les Pyrénées et les Corbières, les rivières ont parfois taillé de
véritables canyons dans les roches massives, peu sensibles à l'érosion par
ravinement ou éboulement. De beaux et spectaculaires exemples peuvent
s'observer dans les gorges de l'Aude ou de Galamus qui tranchent les calcaires
du Secondaire et du Tertiaire.
Sur le littoral, après l'effondrement qui a formé le golfe du Lion, le niveau de la mer évolue encore entre – 15000 ans et – 4000 ans. Puis le niveau marin connaît une relative stabilité. Les cordons littoraux, formés de galets et de sables, se forment et évoluent encore de nos jours. Il suffit pour s'en convaincre d'observer l'évolution du littoral à Narbonne :
| à
l'époque romaine, Narbonne était au bord de la mer, l'Aude se jetait alors
dans un golfe au niveau de la ville ; | |
| au XIIIe
siècle, la Clape est une île, la mer remonte jusqu'à l'étang de
Capestang ; | |
| au XIVe
siècle, des canaux sont creusés et l'Aude est divisée en deux bras, l'un
allant vers Narbonne, l'autre se dirigeant vers le golfe de Vendres ; le
comblement s'effectue et va créer la plaine actuelle ; | |
| au XVIIIe
siècle, la plaine s'est largement développée, rattachant la Clape au
continent ; le bras sud de l'Aude est creusé en canal (le canal de la
Robine), tandis que le cours naturel du fleuve se dirige vers Vendres. Au
niveau de Celeyran, l'Aude est canalisée jusqu'à la mer, au travers de
l'étang de Vendres qui s'étendait alors jusqu'au pied de la Clape. |
Un texte similaire mais agrémenté d’autres photos se trouve à
http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/geographie/r/aude-1/d/aude-pays-cathare_833/c3/221/p2/
http://eocene-corbieres.ifrance.com/geologie/geol.htm
*INSTALLATION
D’UN BASSIN MERIDIONAL A SEDIMENTATION
TERRIGENE ET LA TRANSGRESSION MARINE SUR LE MINERVOIS
( Ilerdien Inférieur à Moyen)
Entre
le massif de MOUTHOUMET et la bordure Sud du Chaînon de l’ALARIC, le bassin
sédimentaire s’affaisse et la tranche d’eau s’épaissit brutalement,
permettant l’arrivée d’influences océaniques.
C’est de cette période que datent la formation de COUSTOUGE ( marnes
inférieures à turritelles et operculines, calcaires marneux et gréseux à
nummulitidés et mollusques), les calcaires de l’Alaric et les calcaires à
alvéolines du Minervois ( Partie inférieure).
La diversité des faciès et la richesse en matière nutritive favorisent l’épanouissement
d’une faune abondante et variée en des biotopes distincts ( foraminifères,
gastéropodes, madréporaires, lamellibranches, échinodermes, céphalopodes).
EXTENSION VERS LE NORD DU BASSIN SUBSIDENT A SEDIMENTATION
TERRIGENE ET SON COMBLEMENT
(Ilerdien Moyen à Supérieur)
Une
brusque augmentation de la tranche d’eau à composantes tectonique et
eustatique affecte la région à l’Ilerdien moyen. La séquence de comblement
qui s’en suit détermine la « Formation de Jonquières » (marnes
supérieures à turritelles, série marno gréseuse à mummulitidés), marnes à
térébratulidés et grès à huîtres de l’Alaric, calcaires à alvéolines
du Minervois.
A
la fin de l’Ilerdien le comblement du bassin est total et le retrait de la mer
est définitif, les formations suivantes du Lutétien sont exclusivement
continentales.
SCHEMA
PALEOGEOGRAPHIQUE DE L'ILERDIEN

D'après
J. C. PLAZIAT (1984)
1/
Séries sableuses - 2/ Marnes dominantes - 3/ Graviers et galets - 4/ Séries
totalement ou partiellement calcaires
5/
Récifs - 6/ Limite des marnes à Turritelles - 7/ Principaux axes deltaïques
http://perso.orange.fr/corbieres-fossiles/
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Les Corbières, prolongement des
soulèvements pyrénéens offrent aux paléontologues et géologues de
grandes variétés d'affleurements. |
|
Le coeur du massif des Corbières
est essentiellement daté de l'ère primaire. On peut y
découvrir de nombreux affleurements Ordovicien et Dévonien. Aux pieds
du massif, vous pourrez voyager dans le passé en allant d'une vallée
à l'autre : à l'Est, le Trias, suivit du Jurassique inférieur, puis,
au Sud, les couches du Crétacé supérieur eux mêmes recouverts d'
importants affleurements Tertiaires; enfin, au nord dans les environs de
Narbonne, le Quaternaire. Hélas, la désertification rurale provoque la
disparition des affleurement. Ils sont noyés sous une végétation
impénétrable et c'est souvent en rampant sous des massifs d'épineux,
que nous pouvons les retrouver. Enfin, si tout ces gisements sont riches
en fossiles, leur conservation est très souvent mauvaise. Le
désintérêt des hommes pour ce patrimoine fait que de nombreux
spécimens disparaissent, usés par les intempéries. Notre but n'est
donc pas de piller de quelconques gisements dans un but mercantile, mais
de sauver, avec
passion , classer puis présenter une partie de la richesse
paléontologique des Corbières. |
En
1973, Walter Alvarez découvrit une fine couche d'argile rouge, appelée
maintenant la limite K/T, entre la couche géologique du crétacé (K) et
celle du tertiaire (T). Cette fine couche contient de nombreux
éléments extraterrestres.
Cette limite K/T que l'on retrouve partout sur le globe, est donc la preuve d'un
impact d'astéroïde de grande ampleur.
Au-dessous de cette couche, on retrouve de nombreux fossiles, au-dessus,
pratiquement aucun...
http://www.jl-lenoble.com/terr.htm
http://www.jl-lenoble.com/corb.htm
http://www.genista.net/gi/nm/medi-300.htm
http://www.alpesgeo2003.fr/2%20cr%20cours/cf-pyrenees/conference-pyrenees.htm
MODES de
FORMATION des CHAINES de MONTAGNES
http://www.alpesgeo2003.fr/cr%20formation%20chaines%20de%20montagne/03%20MODES%20de%20FORMATION%20des%20MONTAGNES.htm
L'histoire
géologique des Pyrénées Orientales
http://www.jl-lenoble.com/hist.htm
Les
fondements des paysages des Pyrénées orientales
HISTOIRE
GEOLOGIQUE de la MEDITERRANEE
http://www.alpesgeo2003.fr/cr%20en%20salle%20mediterranee/MEDITERRANEE%20HISTOIRE%20GEOLOGIQUE.htm
et
http://www.alpesgeo2003.fr/2%20cr%20cours/2008-mediterranee/doc_mediterranee.htm
Quand la
Méditerranée se traversait à pied sec
http://sciencesetavenirmensuel.nouvelobs.com/hebdo/sea/p744/articles/a392341-quand_la_m%C3%A9diterran%C3%A9e_se_traversait_%C3%A0_pied_sec.html
http://www.ldi5.com/paleo/dinext.php#iri
http://www.geowiki.fr/index.php?title=Les_derniers_dinosaures_de_France