Les Mines dans Les corbieres
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Les MINES dans l’AUDE

 

Table des Matières

 

Régime minéral du Département de l’AUDE (première partie)

Par Mr M. ESPARSEIL

Bulletin de la SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1893

 

 

Régime minéral du Département de l’AUDE (deuxième partie)

Par Mr M. ESPARSEIL

Bulletin de la SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1894

 

 

Etude sur les GITES FERRIFERES concédés dans LES CORBIERES

Par Mr R. ESPARSEIL

Bulletin de la SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1927

 

 

Les mines de PALAIRAC

Par Mr Michel Rzepecki, Maire de Palairac

 

L'exploitation du fer à Villerouge et Palairac

Par Mr Gauthier LANGLOIS

 

 

La mine de SEGURE

Par Mr Gauthier LANGLOIS

 

 

Les mines des Corbières

Par Mr Gauthier LANGLOIS

 

Bibliographie de Mr LANGLOIS

Bibliographie de Mr MANTENANT

Liens

   

 

Source : BSESA 1893

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Source : BSESA 1894


SOURCE : BSESA 1927

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Copies réalisées par Mr A Curven)

 

 

Les mines de Palairac

Un passé minier quasiment inconnu

 

http://www.palairac.org/mines.htm

Reproduit avec l’aimable autorisation de Mr Rzepecki, Maire de Palairac

 

Extrait carte IGN Edition 6 de 1985 montrant la région de Palairac

 

 

 

 

 

La commune de Palairac est entourée des communes de Villerouge-Termenès, Félines-Termenès, Davejean, Maisons, Tuchan, Quintillan, Talairan.

 

Au Nord se trouve le Plateau de Lacamp (500 m), nommé sur Palairac le Prat de Labat (le pré de l'Abbé).


Au Sud les contreforts de la Montagne de Tauch (Mont Tauch), culminant sur Tuchan à 917 m et possédant une "tour des Géographes" ayant servi au calcul du la
Méridienne de France.

 

L'essentiel des mines de Palairac se trouve en deux zones limitrophes des Communes voisines :
-Serremijanes et Las coupes, au Nord, débordant sur Villerouge, Talairan,
-Peyrecouverte, à l'Ouest, débordant sur Maisons, Davejean

Peyrecouverte regroupe plusieurs concessions ou sites d'extractions :
- La Caune des Causses et de Monthaut, L'Abeilla...
- La Bousole, l'Aiguille, Lacanal...

Le Monthaut est une colline culminant à 599 m indiquée improprement Montauch sur les cartes IGN. Il semblerait que ce fut la zone la plus importante d'extraction de minerais des Corbières.

Seront présentés dans un premier temps les sites de Peyrecouverte. L'endroit était aussi appelé autrefois "Le Mont d'Or" même si les mines de Peyrecouverte contenaient peu d'or. On a pu en extraire une petite quantité des sites de La Bousole et l'Aiguille, considérées par tradition comme mines d'or. Lacanal, aussi considérée, à tort, comme mine d'or, semble en avoir fourni des quantités infimes.

 

Les mines de la Bousole, l'Aiguille et Lacanal (Peyrecouverte)

 

La mine de la Bousole se trouve non loin du col de la Bousole, à peu près à mi-chemin entre les cols de Ferréol et de Couisse (encore une fois l'orthographe exacte serait col de Couize ou Couise : nom de la ferme située juste sous le col) en débordant sur Maisons.
Composé essentiellement d'Antimoine et de Plomb avec un peu d'Argent et d'Or, le minerai a fait l'objet d'exploitation assez importante entre le début du XIXème et la deuxième Guerre Mondiale.
Les travaux plus anciens, à l'existence probable, ne sont plus connus (cliquer ici pour la fin XVIIIème). Vers 1839 on installa sur le carreau de la mine des bâtiments comportant notamment un atelier de prétraitement du minerai : en effet la séparation de l'antimoine et du plomb n'était pas facile et un procédé spécial avait été créé.
Le produit prétraité était acheminé par mulets et charrettes jusqu'à Carcassonne où Paliopy (un des concessionnaires) terminait le traitement.
Plus tard, en 1939, Roger Hyvert fit de même en installant une usine de traitement de l'antimoine venant de la Bousole et Las Corbos (à 1500 m dans Maisons) à quelques pas sur le carreau de la mine de Lacanal (voir plus loin).
L'antimoine a la particularité, comme l'eau, de se dilater en se solidifiant. On l'utilisait jadis notamment pour faire les caractères d'imprimerie.
En 1982, au terme de la concession de Mr Hyvert et lors de la création de l'adduction d'eau du village de Palairac depuis la mine de Lacanal, tous les travaux miniers ont été mis en sécurité : comblement des galeries et des puits, démolitions des bâtiments, ...

Le puits de la bousole, comblé en 1982, réapparait aujourd'hui par tassement des remblais

 

 

Un peu plus loin en descendant vers Lacanal, se trouve la petite mine de l'Aiguille. Mine de Plomb Argentifère (Galène argentifère) elle est l'exemple-type de travaux miniers couramment réalisés : un puit vertical, un travers-banc (galerie horizontale rejoignant la base du site d'extraction permettant de sortir le minerais par wagonnets), galeries descendantes suivant le filon, aujourd'hui noyées en permanence, mais où les bois d'étaiement sont encore bien conservés. Les mêmes intervenants que pour la Bousole ont cité cette mine sans toutefois y faire de réelle nouvelle extraction. L'exploitation est donc plus ancienne, remontant peut-être au XVIIème sous Colbert ou encore au Moyen-âge. En 1982, suite aux travaux de mise en sécurité consécutifs à la création de l'adduction d'eau de Lacanal, le puit vertical a été bouché par une dalle en béton et la galerie de travers-banc comblée par un talus de terre.

 

En suivant le chemin allant du col de la Bousole à la mine de l'Aiguille, on aboutit, en fond de vallée à la mine de Lacanal. C'était la plus importante mine de cuivre et plomb argentifère des Corbières. Son exploitation a commencé à l'antiquité et s'est poursuivie à diverses époques. La mine proprement dite se trouve en réalité sous le col de Couise et peut avoir débuté au col même, à l'Abeilla ou au Monthaut. Ce que l'on voit au bout du chemin précité est la galerie de travers-banc, la galerie d'exhaure de la mine qui permet d'évacuer l'eau s'y trouvant. Le nom Lacanal provient d'un canal situé sur le côté droit quand on entre dans la galerie. De section rectangulaire et de dimension environ 30 cm x 50 cm à la sortie, il était jadis recouvert de pierres. Le fort débit d'eau, origine du ruisseau de Lacanal qui coule vers Maisons, a incité la commune de Palairac en 1982 à capter cette eau, dans la galerie, pour la pomper vers le village. Ces dernières années, conséquence de la sécheresse qui sévit de plus en plus, le débit a nettement baissé... Le coeur de la mine n'est plus connu depuis longtemps : César d'Arçons (XVIIéme) n'a pas réussi à déboucher l'effondrement au fond de la galerie qui mène vers les travaux supérieurs de la mine (ses successeurs non plus). Par contre la galerie d'exhaure est très bien conservée : de section environ 1,8 m sur 1,8 m elle est rectiligne sur une grande partie de sa longueur : quelques S se développent avant d'arriver au captage qui se trouve à plus de 230 m de l'entrée de la galerie.

 

Considérée depuis très longtemps comme mine d'argent (3000 à 4000 g/T) l'exploitation initiale remonte probablement à l'époque romaine. L'ingénieur Esparseil, les années 1920, rapporte qu'il a trouvé plusieurs fragments d'amphores sur le site. Selon les auteurs, le percement de la galerie est attribué aux romains ou aux maures. Diverses installations se trouvaient à la sortie de la galerie : installations hydrauliques pour actionner des meules, fours, etc. César d'Arçons, missionné par Colbert pour l'exploitation des Mines du Languedoc, avait installé, sans dire où, une petite installation de réduction des minerais de Peyrecouverte, Lacanal ou Davejean*. La logique veut que ce soit ici (position géographique et ressource en eau).
Bien plus tard (1939) une petite usine de traitement des minerais antimonieux de Las Corbos (Maisons) et la Bousole a été installée au même endroit. Il n'en subsiste pas grand'chose : quelques piliers de soutènement et la cabine d'EDF. Un decauville de 1500 m aurait dû permettre d'amener le minerai de Las Corbos au site de traitement, mais tous les travaux, même ceux que nous verrons pour la concession de la Caune des Causses, ont été abandonnés pendant la deuxième guerre mondiale.

 

 

* César d'Arçon décrit une mine de plomb argentifère qu'il dit être sur le territoire de Davejean. Personne n'en est sûr, mais c'est possible. Il se peut aussi que ce soit l'Aiguille. En effet, il décrit les mines de plomb argentifère de Couize en les situant correctement : "... à Paleyrac, où les grands travaux qu'on y a fait autrefois dans vn long valon nommé le champ des mines ...", mais en précisant : "...où Monfieur de Davejan à qui le fond en appartient ...". Mahul (Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, 1859) rapporte, lui, à son chapitre sur Davejean ces deux descriptions de d'Arçons, en disant qu'elles appartiennent toutes deux à Davejean. C'est très inexact, tout au moins pour la seconde. Couize, donc les mines d'argent associées, La Canal, l'Aiguille, etc. a toujours été sur le territoire de Palairac (arrière-fief de celui-ci). Toutefois, du temps de César d'Arçon, qui l'avait bien compris, la Seigneurie de Couize était tenue par la famille de Barre, de Davejean, anoblie par Louis XIV en 1686 (Jean-François de Barre, chevalier de l'Ordre de Saint Lazare), qui l'avait achetée à l'Abbaye de Lagrasse 1ère moitié du XVIIème. André II de Barre était donc propriétaire du terrain de la mine. Mahul aurait dû consulter le cadastre de 1825 pour se rendre compte de son erreur, peu pardonable pour un élu du Département.
Idem pour La Bousole que certains voient à Maisons : en limite certes, elle se trouve bien sur Palairac, le puit et la descenderie notamment. Mais il est vrai que quelques installations de 1839 pouvaient être sur Maisons. La mine doit donc être considérée comme appartenant aux deux communes (la concession de la Bousole occupait 37 Ha répartis sur les deux communes). Il en est ainsi de toutes les mines limitrophes (la Caune des Causses, par ex, servait de limite de séparation entre Palairac, Félines et Davejean). Au moyen-âge la seigneurie minière du Termenes, basée à Palairac, regroupait , outre Palairac, les sites miniers de plusieurs villages voisins.

 

 

 

 

L'Aiguille, la galerie d'entrée

 

La partie noyée de l'Aiguille

 

Le puits vertical de l'Aiguille

 

Lacanal : entrée de la galerie

 

 

 

Les rainures destinées à noyer la galerie

 

Lacanal : début de la galerie

 

 

Deux ou trois petites particularités sont attachées à la galerie de Lacanal :

-à 220 m à l'intérieur une croix est gravée dans la paroi,
-des raynures sur les parois à l'entrée permettaient de placer une fermeture amovible destinée à noyer complètement la galerie sur toute sa hauteur,
-enfin, juste avant l'actuelle grille qui ferme l'entrée se trouvent les feuillures, l'emplacement des gonds, l'emplacement de la barre de fermeture d'une porte qui ne pouvait s'ouvrir et se verrouiller que de l'intérieur.

 

Les anciens du village rapportaient une légende à propos de la galerie. Dans les années 1660, Louis XIV serait venu visiter la mine de Lacanal. Il serait rentré dans la galerie à cheval jusqu'à un lac souterrain (endroit où la galerie descend et est noyée) où il aurait jeté une pièce d'or. Il aurait ensuite visité le village et, pour remercier les habitants de leur hospitalité et faire pardonner les dégâts causés en 1655 par son armée de passage à Palairac, il aurait offert le mobilier de l'église Saint Saturnin.

 

Les mines de la Caune des Causses - Monthaut et l'Abeilla (Peyrecouverte)

 

Les mines qui ont fait la force de Palairac sont les mines de fer. C'est pourquoi sa devise est "Ferrum Fortiam Fecit". Les principales mines de fer sont celles de la concession de Serremijanes et Las Coupes sur le plateau de Lacamp, et celles de la concession de la Caune des Causses et du Monthaut. Cette dernière, toujours située dans la région dite Peyrecouverte, représente probablement le site minier le plus important des Corbières. Il est situé essentiellement sur la colline du Monthaut. La Caune des Causses est une mine située un peu plus au Nord dans la commune de Davejean. Le Monthaut compte pas moins de 71 zones d'extraction de minerai. Outre le fer et différents minéraux connexes, une importante quantité de Barytine n'a pas fait l'objet d'extraction et se retrouve dans les haldes. En 1982 un essai d'exploitation de cette barytine s'est soldé par un échec.
L'essentiel des travaux consistent en d'énormes barrencs (ravins) pouvant dépasser les 50 m de profondeur (c-à-d des exploitations à ciel ouvert). On trouve aussi bien souvent, pour continuer l'exploitation, certaines recherches sous forme de galeries ou descenderies.
L'exploitation première remonte encore à l'époque romaine. A Maisons et Davejean (caraillet) ou encore à Laferrière à Palairac se trouvaient les fonderies pour extraire le métal. Diverses périodes d'exploitation se sont succédées au cours du temps : moyen-âge, XVIIIème, XIXème, XXème. La construction du chemin de fer (1901) de Lézignan-Corbières à Mouthoumet a pu relancer l'exploitation à partir de 1919. Un chemin de fer aérien fut créé qui reliait par câble et godets le site minier à la gare ferroviaire de Félines-Termenès. Les installations (terminal, divers bâtiments, etc.) sont encore visibles au pied du Monthaut.

Un système aérien permettait d'acheminer le minerai depuis le sommet du Monthaut à ce terminal. 4 chemins horizontaux conduisaient par wagonnets à ce chemin de fer vertical. La guerre 40-45 a tout arrêté.

 

Un barrenc du Monthaut

 

Au fond du barrenc les travaux se poursuivent par galeries

 

 

 

 Genre de minerai de fer (hématite noire) que l'on rencontre

 

   



Enfin, pour terminer cette présentation des mines de Peyrecouverte, un mot du site de l'Abeilla. Il est situé au Sud Est du Monthaut et au pied de celui-ci. Il fait la jonction entre les filons de Lacanal, la Bousole, le Monthaut. Des barrencs le composent de même que quelques vestiges de départ de galeries. L'exploitation y fut très ancienne (Cu, Pb, Ag) : Gauthier Langlois (voir Bibliographie), dans le cadre de sa thèse de Maîtrise sur les Mines des Corbières en 1986, a retrouvé des fragments d'amphores de type Dressel 1A donnant une datation du 1er siècle avant JC. Le site de l'Abeilla communique peut-être avec celui de Lacanal et en aurait constitué un des départs. Contrairement aux sites précédents celui-ci a surtout été exploité dans le passé et pas à une époque récente. Les anciens y recherchaient certainement surtout l'Argent. Elle devait faire partie des mines convoitées au Moyen-âge par les Seigneurs de Termes et l'Abbaye de Lagrasse.

 

Les mines du plateau de Lacamp : concession Serremijanes et Las Coupes

Seconde partie

 

En partant du village et en se dirigeant vers Quintillan, à 1 km on arrive au col de la Gineste. Un chemin à gauche permet d'accéder au plateau. Il contourne le pech de la Calvière, passe par le col de La Croix de Pierre, le col d'en Couloum, et arrive au col de l'Homme Mort. Le plateau, situé à environ 550 m d'altitude, s'étend sur trois communes (Palairac, Villerouge et Talairan) et se développe entre deux monts un peu plus élevés, le Roc de Golta (622 m, Villerouge) et le pech de Guillaumet (630 m, Palairac). La partie du plateau se trouvant sur Palairac s'appelle le Prat de Labat ou le Pré de l'Abbé, en souvenir des champs qui y étaient cultivés jadis pour l'Abbaye de Lagrasse. La concession de Serremijanes et Las Coupes se situe essentiellement sur Palairac et Villerouge. Elle a été instituée par ordonnance royale le 10 janvier 1821 au profit de Mr Gary. En 1913 elle fut réunie à d'autres concessions voisines et cédée à la Société des Mines de Villerouge et d'Albas. Devenue orpheline, la concession a fait l'objet de travaux de mise en sécurité en 2001. Le minerai riche en fer (45 à 50%) se présentait sous forme de carbonate ou d'hydroxyde. La plus importante période d'extraction s'est faite avant 1855, époque de la disparition des forges catalanes. Ultérieurement quelques essais de reprises ou quelques travaux de recherche ont été tentés, mais sans grand résultat. Ici aussi l'exploitation initiale remonte à la période gallo-romaine.

Passé le col de l'Homme Mort, le début du plateau face au Roc de Golta

 

On comptait pas moins d'une soixantaine de sites d'extraction dans le périmètre (170 Ha) de la concession. La plupart du temps à ciel ouvert, certains sites consistaient en des cavités de type karstiques peu profondes, véritables grottes naturelles remplies de minerai. On comptait aussi quelques travaux sous forme de galerie d'époque plus récente. 90 % des sites ont subi la mise en sécurité. Elle consiste, malheureusement, en la destruction pure et simple des travaux miniers : comblement des fosses, des puits, effondrement des entrées de galerie, ... Quelques sites, jugés dignes d'intérêts archéologiques, ont cependant été conservés. Toutefois, l'accès aux cavités ou aux galeries a été rendu impossible par la création d'un mur en béton ... d'un mètre d'épaisseur, armé avec des barres pouvant atteindre 20 mm de diamètre...

Le mur d'un mètre d'épaisseur bouchant l'entrée d'une cavité (en bas)

 

La Cauna de Mathieu Rieu

 

L'entrée de la "grotte"

 

 

L'intérieur de la cavité s'étalant sur une quinzaine de mètres.

 

Cette cavité située au bord d'un ancien chemin, ressemblant aujourdhui à une petite grotte d'une quinzaine de mètres de long, a été utilisée au XVIIème comme bergerie par un berger nommé Mathieu Rieu. Au devant du porche d'entrée, il y avait un toit en tuile. Cette grotte est néanmoins un réel site minier, consistant en une poche de minerai d'une vingtaine de mètres de longeur, exploité en partie à ciel ouvert. Les travaux de Monsieur Gauthier Langlois ont permis de retrouver des tessons pouvant dater du Vème ou VIème siècle.

 

 

La mine 'noyée', le Caraillet ?


Les deux entrées au bas du Grand-Minier désignées par la "mine noyée"

Las Coupes est un mamelon situé entre le bas du Pech de Guillaumet, à la ruine de Sauvère, et la colline de SerreMijane. Plusieurs sites portaient des noms comme Borde-Vieille, le Dauphin, Salimon, le Grand-Minier. La mine noyée, peut-être improprement appelée le Caraillet, se trouve au pied du Grand-Minier, dans le ruisseau. Deux cavités démarrent en descendant, l'une vers l'Ouest, l'autre vers l'Est. Celle à l'Ouest est quasiment toujours pleine d'eau, d'où le nom de mine noyée. Celle à l'Est possède des périodes séches. En 1785, Mr Varnier, constructeur de la forge de Quillan, semble avoir exploité le filon pour alimenter cette forge. Mr Brochin, au début du XIXème, en parle ainsi :
"La montagne de Las Coupes, séparée au Sud de celle de Serremijanes par un ruisseau est réputée riche en mine de fer et c'est avec raison ; Mr de Varnier y a exploité à peu près seul ; l'exploitation principale appelée le Grand Minier a été poussée à une assez grande profondeur vers la base de la montagne sur le revers opposé Nord; cette exploitation que je n'ai pu voir, passe pour avoir été une des plus considérables du pays ; le minerai en était considéré comme le meilleur et le plus facile à traiter de l'arrondissement ; l'affluence des eaux a occasionné l'abandon de cette minière..."

 

L'entrée de la cavité de droite

 

Le départ de la galerie de recherche au bas de la cavité

 

Le bas de la cavité

 

La fin de la galerie donnant dans une cavité remontant vers le haut

 

 

 

Comme très souvent, l'exploitation est partie d'une ou plusieurs cavités naturelles dans lesquelles des travaux de recherches, par percement de galerie, ont permis de suivre, ou de retrouver, le filon en donnant accès à d'autres cavités. L'ensemble de ces vides souterrains sont issus à la fois du travail de la nature et du travail de l'homme. Le Grand-Minier (voir ci-dessous) communique très certainement avec ces travaux situés à sa base.

 

 

Le Grand-Minier

 

Varnier en parlant du Grand-Minier ne parlait pas de la mine qui vient d'être décrite. Il parlait des travaux, en grande partie à ciel ouvert, qui se trouvent juste au-dessus. Ils constituent une "minière". Un barrenc, étroit et d'une grande longueur, balafre la colline de Las Coupes dans le sens Est-Ouest, depuis le haut de la mine noyée jusqu'au sommet, en débouchant sur l'autre versant dirigé vers Serremijane. L'endroit est surprenant, d'une rare beauté. Des parties sont encore couvertes par la roche, formant ainsi des arches naturelles, et sont probablement le siège de vestiges très anciens d'occupation humaine. Le rapport initial du BRGM, pour l'étude de la mise en sécurité de la concession, préconisait un dynamitage conséquent du site pour le sécuriser. Il est très dangereux, les falaises sont souvent invisibles, couvertes par la végétation. Toutefois l'intervention de la DRAC (Direction Régionale de Affaires Culturelles) a interdit de détruire le site par intérêt archéologique. Tout le long du barrenc on voit des amorces de recherche de minerai sous forme de départ de galerie. L'endroit est très certainement truffé de cavités en tous genres, inexplorées à ce jour.

 

En remontant vers le sommet de Las Coupes

 

Le Grand-Minier, vu depuis le départ en bas

 

 

A mi-pente vu du dessus

 

La partie située de l'autre côté du sommet de la colline

 

 

 

 

Un accès, d'environ 50 cm de diamètre à une cavité faisant partie de l'ensemble, mais qui ne paraît pas accessible par le barrenc lui-même

 

 

 

 

 

 

 

Une mine non retrouvée avant 2007

 

Enfin pour terminer ce survol des mines du plateau de Lacamp, voici une mine inédite.
Une étude, de mise en sécurité de certains sites non effectuée en 2001, est en cours de réalisation. Elle a permis de retouver une cavité démarrant à flan de colline par un orifice de 4 m de large sur 15 à 20 m de long et pénétrant verticalement à une profondeur d'au moins 100 m. A mi-chemin, un travers-banc a été creusé qui démarre au niveau du lit du ruisseau et rejoint une cavité large, servant de départ à plusieurs galeries ou fosses naturelles se développant vers le bas. Cette cavité est le siège d'une nombreuse population de chauves souris. A ce propos, lors des travaux de mise en sécurité, certains sites, jugés utiles comme habitacles de certaines espèces, ont subit une obstruction par le mur de béton dans lequel des ouvertures, au niveau du sol (pour les rampants ou non volatiles) ou en hauteur (pour les autres), ont été pratiquées pour laisser le passage à la faune concernée.
Le site découvert est encore un ensemble de fosses naturelles et de travaux faits de main d'homme destinés à exploiter au mieux le minerai s'y trouvant. Un galerie horizontale traverse à un endroit une cavité naturelle avec de surprenantes concrétions calcaires dues aux eaux de ruissellement. Pour quelques mètres, cette mine n'est pas située sur le territoire de la commune de Palairac mais celle de Villerouge-Termenès.

 

 

L'entrée de la galerie de travers-banc

Une galerie avec une chauve-souris accrochée au plafond.

Vers la cavité principale

Plaque en cuivre de la Méridienne de France

Fermer

 

 

 (Ajout de février 2009)

 

Mise en sécurité des Mines

 

La mise en sécurité des mines de la concession orpheline de Serre-Mijane et Las Coupes est en voie d'achèvement.
Une concession est dite orpheline quand, à l'issue du temps de concession, le titulaire a disparu, est défaillant ou inconnu. La compétence de l'Etat s'exerçant en pareil cas, celui-ci est seul maître des opérations qui s'inscrivent dans le cadre d'un programme du ministère de l'Industrie. C'est en 1997 qu'a débuté l'étude du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour la mise en sécurité , demandée par la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) Languedoc-Roussillon. Cette première étude s'est concrétisée en 2001 par des travaux sécurisant la majorité des endroits de la concession estimés dangereux.
Ces travaux, destructeurs, reposent sur le foudroyage de l'entrée des galeries, le dynamitage des parements des fosses, l'utilisation du brise-roche et du bulldozer. Rappelons que quelques cavités, jugées d'intérêts archéologiques par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) n'ont pas subi cette mise en sécurité destructrice mais ont reçu le mur de béton empêchant tout accès.
La plupart des photos précédentes de cette page, réalisées au cours de l'étude complémentaire de 2008, concerne les quelques sites non mis en sécurité en 2001 et qui viennent de l'être, mais de manière différente.
L'objectif était de traiter ces sites sans les détruire. Ils font bien évidemment partie des lieux protégés par avis de la DRAC. Les rares galeries à sécuriser ont reçu le traditionnel mur de béton. Les barrencs et entrées de fosse ont été garnis de filets métalliques à mailles de 25 cm x 25 cm et de 12 mmm d'épaisseur. Une entreprise spécialisée dans les travaux d'accès difficiles est intervenue compte tenu de l'aspect accidenté du terrain.
Ces travaux sont évidemment beaucoup plus chers que ceux réalisés en 2001.
Seul l'intérêt archéologique des sites a fait qu'ils ne soient pas purement et simplement détruits. Toutefois cette méthode à filet permettrait, en la généralisant à d'autres endroits, d'éviter de perdre des témoignages de notre histoire qui remontent parfois à l'Antiquité.

 

 

 

 

 

Le Grand minier et son filet protecteur

 

L'entrée d'une fosse et son système de protection.

 

 

Cette mise en sécurité est cependant nécessaire vu le nombre de curieux qui cherche on ne sait quoi dans ces antiques lieux de travail. Une pépite d'or ? Une ancienne sépulture d'un personnage important ? L'entrée de l'Agartha ? Ce genre de découvertes, utopiques, n'existe pas à Palairac, ni ailleurs. Il est regrettable que beaucoup n'arrivent pas à discerner certaines légendes des réalités. Tant que tout cela reste sur un plan des idées, pas de problème. A partir du moment où on cherche des "preuves matérielles" le cap de l'inconscience est souvent dépassé, avec des risques non négligeables pour la santé. Non, il n'y a rien à "trouver" à Palairac, si ce n'est, concernant les mines, la connaissance d'un patrimoine industriel millénaire dont la plupart des hommes politiques régionaux et nationaux se soucient bien peu, et, éventuellement, l'expression d'une philosophie très ancienne issue du travail des métaux.

 

 

L'arche de pierre qui débute le Grand Minier

 

 

 


 

L'exploitation du fer à Villerouge et Palairac (Aude, XVIIIe-milieu XIXe) :
une absence de techniques ?

Gauthier LANGLOIS

Article extrait de : Les techniques minières de l'Antiquité au XVIIIe siècle, Actes du colloque sur les ressources minières et l'histoire de leur exploitation de l'Antiquité à la fin du XVIIIe siècle, réuni dans le cadre du 113e congrès national des sociétés savantes, Strasbourg, 5-9 avril 1988.
Paris, Editions du C.T.H.S., 1992, pages 205-214 .

Résumé :

     Alors que les forges à " la catalane " de Languedoc se développent et se perfectionnent, les mines de fer de l'Aude et des Pyrénées-Orientales persistent jusqu'au milieu du XIXe siècle dans un mode d'exploitation archaïque.

     A travers l'étude des mines de Villerouge et de Palairac nous essayerons de replacer les techniques d'exploitation dans leur cadre géologique, social, et économique, et tenterons d'expliquer l'absence d'innovations et d'investissements.

     Payés au quintal de minerai par les maîtres de forge, les mineurs paysans se contentent de dépiler les filons par des descenderies subverticales, au mépris des difficultés d'aérage, d'exhaure et de circulation. Les chantiers sont abandonnés au moindre problème, pour une mine voisine, elle même autrefois abandonnée pour les mêmes raisons. Le grillage du minerai sur le carreau, et son transport rendent son prix exorbitant. Les conseils éclairés de minéralogistes et d'ingénieurs restent dans ces conditions sans effets.

     Cependant, ces techniques ne nécessitant pas de capitaux, restent adaptées à un monde et une économie agricoles, préservés un certain temps de la concurrence (1).

 

Situation :

     Au sud du Languedoc, les Corbières sont limitées par la mer, les vallées de l'Aude et de l'Agly. Le massif paléozoïque de Mouthoumet qui constitue leur ossature, remanié par l'orogenèse hercynienne, se présente comme un ensemble d'anticlinaux O.-E.-N.E. recoupé de failles parallèles et normales. Les rivières ont achevé de morceler le relief en creusant d'énormes canyons. Si les Corbières sont faciles à contourner, leur pénétration reste très difficile.

     La zone orientale de notre massif est particulièrement riche en fer. Elle forme un plateau en forme de croissant de 8x2 km, orienté N.-N.E.-E., bordé par les villages de Villerouge et Palairac. Il s'y présente principalement sous forme de poches de minéralisation karstique exogène, recoupées par des filons hydrothermaux, dans le Dévonien supérieur calcaire ou dolomitique près de son contact avec le carbonifère. Hématite, goethite et sidérose sont les minerais de fer les plus abondants et les seuls exploités.

     Ces minerais affleurants et faciles à réduire ont été exploités très tôt. Les romains ont laissé sur le plateau qui sépare Villerouge et Palairac d'immenses excavations à ciel ouvert qui ont pu être datées du IIe siècle avant au Ier siècle après J.C. par la céramique. L'extraction semble s'être poursuivie au Moyen Âge pour reprendre, après un long abandon, à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle.

Les exploitants :

     Entre 1740 et 1780 se créent ou se reconstruisent une vingtaine de forges hydrauliques dans l'Aude. Si les forges du haut bassin de l'Aude font venir leur minerai du Canigou ou du Vicdessos, les forges des Corbières et de la Montagne Noire préfèrent s'approvisionner aux mines de Villerouge et Palairac plus proches. C'est donc aux maîtres de forges que l'on doit l'exploitation de ces mines. Ce sont souvent des bourgeois enrichis dans la finance, anoblis par l'achat d'une charge ou d'une seigneurie, qui se lancent dans l'industrie. C'est le cas de Mr. de Malvès, qui construisit la forge de Saint-Pierre-des-Champs, et de son successeur, Messire d'Advisard, président à mortier au parlement de Toulouse, qui racheta la seigneurie. Ils mirent en exploitation au début du XVIIIe siècle la mine de Lacamp au nord du plateau du même nom, la plus proche de leur forge. La mine de la Caune des Causses est rouverte par Olivier de la Gardie, seigneur d'Auriac qui reconstruit sa forge vers 1750. Les mines du Monthaut sont exploitées sans doute à partir de 1753 par quelqu'un qui se fait appeler le marquis de Montgaillard et qui vient de construire une forge et une clouterie.

     Parmi les exploitants miniers et les maîtres de forge de la fin du XVIIIe siècle il faut faire une place à part à trois familles particulièrement dynamiques : les Rivals, les Pailhoux et les Gary.

     Raymond Rivals, receveur des tailles de Carcassonne qui se faisait appeler Monsieur de Rivals, avait racheté les deux forges de Gincla et celle de Monfort aux héritiers Castanier d'Auriac. C'était un homme cultivé, très au fait des progrès techniques de son époque. En 1780 des expériences de conversion de fer en acier furent faites par ordre du gouvernement dans les forges du comte de Buffon et dans la manufacture d'acier de Nérouville dans l'Orléanais. Le chevalier de Grignon, chargé de ces expériences, classa le fer de Gincla envoyé par Mr. de Rivals comme étant l'un des plus aptes à la cémentation.

     Pendant plus de quarante ans, les établissements de Gincla où les Rivals innovèrent sans cesse, notamment sous les conseils de l'ingénieur Brochin, furent considérés comme un modèle pour les forges du groupe catalan. Mais à part quelques recherches infructueuses, les Rivals ne se sont jamais intéressé à leur approvisionnement en fer qui constituaient pourtant un goulet d'étranglement financier.

     Joseph Gaspard Pailhoux était le fils d'un médecin des États de Languedoc. Conseiller au bureau des finances de Montpellier, receveur conseiller au conseil souverain de Roussillon, il rachète au milieu du XVIIIe siècle la seigneurie de Cascastel dont il prend le nom.

     Prenant conscience de la richesse minéralogique de ses terres et des Corbières il se lance avec peu de capitaux et sans grandes connaissances techniques dans l'exploitation de la houille, du fer, du marbre et du cuivre argentifère. Toutes ces entreprises ne sont pas des succès et n'ont que peu d'ampleur. Mais il extrait régulièrement du fer de la mine de Balansac sur ses terres de Villeneuve pour alimenter la forge de Saint-Pierre des Champs. Disposant par ailleurs de la mine de houille de Ségure qu'il avait tenté de rouvrir en 1756, Gaspard Pailhoux décide en 1779 de construire une forge peu éloignée de ces approvisionnements. Il cherche alors à s'entourer de techniciens compétents et fait venir de Paris où il a envoyé son fils, l'ingénieur Duhamel et le négociant Pelletier.

     Duhamel était un ingénieur renommé qui avait un rôle très actif dans la politique industrielle du gouvernement (2) Mais s'intéressant surtout comme Pailhoux aux mines polymétalliques, et appelé à d'autres responsabilités, il ne resta pas longtemps son associé. Il eut toutefois le temps de marier son cousin, le capitaine Dagobert de Fontenille, avec Jacquette Pailhoux de Cascastel, fille de Gaspard.

     Deux ans plus tard, Pailhoux cède la forge de Padern et les mines de fer qui lui sont attachées à son beau-fils Dagobert, pour se consacrer à l'exploitation de l'antimoine des Corbières avec le chimiste Chaptal auquel il vient de s'associer. Sans doute à court d'argent, Dagobert essaye en 1787 de revendre la forge et les mines aux sieurs Perier et Wendel, administrateurs de la fonderie royale d'Inderet et fondateurs du Creusot. Ces deux industriels avaient probablement été intéressés par la réunion dans un même secteur de fer, de houille, et d'une forge relativement proche des ports et arsenaux de la Méditerranée. Mais il durent s'apercevoir que la houille de Ségure, trop sèche, nuisait dans le traitement du fer à la catalane, et ne pouvait être transformée en coke.

     Contrairement aux précédents, la famille Gary n'est pas issue de propriétaires mais de fermiers de forges, et dirigea de près ses affaires. Le père, inventeur des filons de Serremijane, exploita ces mines à partir de 1764 à la demande de M. de Pujol, propriétaire de la forge de Saint-Denis Lacombe. Gary fut par la suite fermier de cette forge et de Saint-Pierre-des-Champs.

     Le fils, Louis, officier puis receveur du district de Lagrasse sous la Révolution, reprend les affaires de son père et l'exploitation de Serremijane dont il obtient la concession en 1821 (3).

     Si ces entrepreneurs participent largement au progrès technique général, notamment en tant que maîtres de forges, nous allons voir qu'ils n'intervenaient absolument pas dans la conduite des exploitations minières.

Les mineurs et leur techniques :

     Les mineurs étaient tous originaires des villages voisins où ils résidaient. Les quatre maîtres de forge qui s'approvisionnaient régulièrement aux mines de fer des Corbières, se contentaient de choisir parmi eux des commis, chargés de les représenter.

     Les mines étaient situées exclusivement dans les vacants des différentes communes. Aussi l'extraction du fer ne gênait personne et son exploitation était pratiquement libre. Jusqu'à la Révolution, les mineurs se contentaient de passer des baux avec les bénédictins de Lagrasse, seigneurs de Palairac, ou l'Archevêque de Narbonne, seigneur de Villerouge. Moyennant la redevance de 2 sous 6 deniers par tonneau de 5 quintaux de minerai, ils creusaient où bon leur semblait. En contre partie, une mine n'appartenait à un groupe de mineurs ou à un maître de forge que tant que ceux-ci l'exploitaient. Aussi les exploitations étaient juridiquement très précaires.

     Seule l'exploitation de Jean-Joseph de Varnier faisait exception. Ce receveur général des fermes du roi avait construit en 1784 la forge de Quillan. Nouveau venu parmi les exploitants, il s'assura d'une concession sur ces mines et tenta en vain de se servir de ce titre pour avoir le monopole de l'extraction. Il avait fait construire au milieu du district minier un bâtiment qui abritait le matériel, le logement de son commis, et des lits à la disposition des mineurs qui désiraient coucher sur place. Mais ses mineurs ne travaillaient pas différemment des autres et leur matériel, plutôt réduit, ne se différenciait guère de l'outillage agricole (4).

     Les mineurs les plus expérimentés, ou "piqueurs", se chargeaient de l'extraction. Le travail s'effectuait au hasard du pic, éclairé à la lampe à huile ou "calel". Outre les pics, ils utilisaient, quand le minerai était plus dur, des marteaux et des pointerolles sans manche en tout point comparables à celles de l'Antiquité. Les "sorteurs" ramassaient le minerai à l'aide de pelles de bois et de houes et le remontaient au jour dans des hottes ou "gourbils".

     Payés au quintal de minerai, sans formation ni encadrement technique, les mineurs ne se contentaient que d'enlever le fer le plus riche, la où son extraction était la plus facile. Comme il n'était pas question d'investir dans un travail qui ne soit pas immédiatement productif, les aménagements de la mine se limitaient à la création d'un vague cheminement entre les déblais maintenus par des murs de pierres sèches, afin de faciliter le travail des sorteurs. La poudre n'était employée qu'avec parcimonie lorsqu'une masse calcaire gênait la poursuite des travaux. Mais quand le minerai devenait trop dur, s'appauvrissait, ou que l'on rencontrait une nappe d'eau, on préférait abandonner la mine et reprendre une excavation voisine souvent abandonnée dans les mêmes conditions.

     Cette attitude était rendue possible par le grand nombre de gîtes de fer de cette région. (Les ingénieurs de mines estimaient au XIXe siècle qu'il y avait plus de 300 ouvertures de mines sur la seule commune de Palairac). Ces mines reprises épisodiquement affectent des formes très diverses dues à la variété des conditions gîtologiques. Les amas karstiques à ciel ouvert ont été exploités les premiers. Remplis de tonnes de déblais par un abandon prolongé, et donc difficiles à remettre en exploitation, ils n'ont livré que peu de minerai au XVIIIe et au XIXe siècle. Les mines souterraines de Serremijane et las Coupes, qui ont constitué la majorité des approvisionnement en fer de cette époque et donné leur nom à la principale concession, se présentent sous la forme de remplissages de karsts subverticaux.

     Il n'était donc pas très difficile de les exploiter en perçant des travers-bancs à la base de la montagne, ou tout au moins de remonter le minerai par des systèmes de treuils et de descenderies aménagés à peu de frais dans les dépilages. Ou encore, de percer dans le filon des galeries descendantes par les quelles on pourrait remonter le minerai à la brouette. C'est ce que des ingénieurs de renom comme de Gensanne, Duhamel, ou Brochin, se sont efforcés en vain de conseiller. Mais la forme complexe et très lenticulaire de ces gîtes déroutait les mineurs, car il est vrai que la stérilité est souvent voisine de l'abondance. D'autre part le bois nécessaire à ce genre d'installation technique faisait justement défaut et n'était d'ailleurs employé qu'avec parcimonie dans l'étayage. L'éponte étant suffisamment solide pour ne pas avoir besoin de boiser, on se limitait à laisser quelques piliers tournés, et, exceptionnellement à placer un étai de bois quand une roche menaçait de se détacher du plafond.

Il est à peine besoin de préciser les problèmes engendrés par ce mode d'exploitation complètement anarchique. Outre que creuser le minerai en descendant est plus difficile qu'en montant, se pose le problème des déblais qu'on doit évacuer en remontant dans des chantiers abandonnés, maintenus par de dangereux murets de pierre sèche. Bien souvent les mineurs sont obligés de déplacer à nouveau ces déblais, quand le chantier principal semble épuisé. Le remontage du minerai est particulièrement pénible et périlleux. Les sorteurs n'emportent ainsi à chaque voyage qu'une vingtaine de kilos dans leurs hottes. La mine est abandonnée au moindre problème d'exhaure ou d'aérage. Il est donc difficile, quand on visite ces mines d'y déceler une quelconque organisation artificielle, et beaucoup passaient et passent encore pour des grottes.

     Le carreau de la mine n'était pas mieux aménagé. Les déblais, quand ils ne pouvaient être laissés à l'intérieur, étaient étalés pour former une terrasse. On y stockait le minerai, trié par des femmes. A proximité s'élevait une cabane, souvent de pierre sèches, qui servait à entreposer la poudre et les outils. Un ou deux fours de grillage étaient aménagés dans le bord de la terrasse, de façon à faciliter leur chargement par le haut. Comme les cabanes, ces fours (5) étaient construits à sec avec des fragments d'éponte ou de minerai pauvre.

     Le grillage n'est indispensable qu'avec des minerais pyriteux, qui ne peuvent être directement réduits dans des forges catalanes. C'est pour cette raison qu'on délaissait les gisements de pyrite de fer au profit des mines d'hématite, goethite ou sidérose. Le seul intérêt de cette opération sur ces derniers minerais était de réduire leur poids d'environ 1/3, ce qui permettait une économie substantielle sur les coûts de transport.

 

 

 

     Le transport du minerai était en effet assuré uniquement par des mulets dans la plus grande partie des Corbières, les rares routes carrossables, mal entretenues, n'étaient pas ou plus accessibles à des charrettes lourdement chargées (6). Un mulet est capable de transporter 120 kg de minerai, soit un peu plus de la moitié de la production moyenne par mineur et par jour. Ainsi en 1835, la production de l'année s'élevant à 986 tonnes, un convoi de 50 à 100 mulets partait en moyenne tous les trois jours ravitailler les forges. En 1813 le minerai était vendu 1,33 F. le quintal sur le carreau de la mine, 2,80 F à Lagrasse où il était entreposé puis expédié par charrettes, 5,65 F à Saint-Denis-Lacombe, la forge la plus éloignée du lieu d'extraction. Le transport représentait donc 50 à 72% du prix du minerai, soit largement plus que les chiffres recueillis par Denis Woronof, qui estime que sous la Révolution le transport comptait pour 30 à 60% du prix global du fer en France.

 

     Les graphiques 1 à 5 montrent bien la part considérable de la main d’œuvre et des transports dans les dépenses de l'exploitation et le prix de revient du fer. Les investissements y sont nuls (figure 4). L'absence de qualification des ouvriers s'observe dans l'échelle des salaires : le commis touche seulement 25 % de plus qu'un manœuvre (figure 2). La répartition dans l'année des expéditions de fer à la forge de Quillan montre le caractère saisonnier, lié au calendrier agricole des activités d'extraction et de forgeage (figure 1). (Compte tenu des décalages entre extraction et expédition, la période fin janvier-fin février correspond à une période de froid où le transport est sans doute impossible ; juin à août au chômage de la forge par manque d'eau ; fin novembre-début octobre à l'occupation des mineurs par des travaux agricoles (foins, vendange, labours). L'absence d'investissements techniques ne s'explique pas seulement par les contraintes naturelles que nous avons vu : gîtologie complexe, relief faisant obstacle aux transports, absence de bois et d'eau, mais surtout par des conditions économiques et sociales particulières. Les Corbières ne possèdent pas d'infrastructure industrielle, les grosses forges étant situées en périphérie soit, dans la haute vallée de l'Aude, la Montagne Noire, l'Ariège et les Pyrénées-Orientales. Les débouchés locaux sont insignifiants, la population réduite, et les capitaux sont rares. En effet, les propriétés se sont très morcelées en Languedoc du fait de la pratique du partage égal entre tous les héritiers. Comme l'a montré E. Le Roy Ladurie (7) dans sa thèse, le Languedoc, pays à l'écosystème fragile, est entré depuis le seizième siècle dans un cycle de sous développement dans lequel le terroir agricole s'est trouvé sacrifié. L'économie minière et métallurgique des Corbières est un exemple typique du cycle infernal de mauvaise gestion des ressources : on grille le minerai avec du charbon de bois pour faire des économie de transport, or le bois se fait de plus en plus rare, notamment parce qu'il est détruit par l'élevage. Et le transport nécessite de nombreuses bêtes de sommes qu'il faut nourrir. Le sol nu ne retient plus l'eau, la végétation a du mal à repousser et le débit des cours d'eau est moins régulier. Les forges et les moulins manquent donc d'eau en été etc.

     Un dernier obstacle aux investissements techniques vient des structures sociales Languedociennes : l'extraction du fer, comme toute autre activité se pratique en famille ou par petits groupe. L'individualisme et l'égalitarisme des esprits ne favorise pas les groupements importants de capitaux et de main d’œuvre. Comme dans le reste de la France, l'extraction du fer des Corbières est adaptée à une économie agricole où les paysans se faisant mineurs trouvent, sans avoir besoin d'investir, un revenu complémentaire qui leur permet de survivre. Elle ne dégage pas de bénéfices pouvant être réinvestis dans des améliorations techniques.

 

Principales sources et orientation bibliographique :

BROCHIN : Rapport au conseil des mines sur les mines de fer de Villerouge, Félines, Palairac et Davejean et sur les mesures à prendre pour régulariser leur exploitation et les faire valoir au profit du Trésor Publique comme propriétés domaniales. 21 floréal an 13. Ms. 12 p. (Arch. dép. de l'Aude, S 742).

BROCHIN : Rapport à Monsieur le conseiller d'état directeur général des mines, sur les mines de Villerouge... 4 décembre 1813. Ms. de 13 p. et plan de situation. (Arch. dép. de l'Aude, S 742).

FRANÇOIS Jules : Recherche sur le gisement et le traitement direct des minerais de fer dans les Pyrénées et particulièrement dans l'Ariège suivi de considérations historiques, économiques et pratiques sur le traitement du fer et de l'acier dans les Pyrénées. Paris, 1843, 2 vol.

LAPASSAT Robert : " L'industrie du fer dans les Pyrénées orientales et ariégeoises au XIXe siècle. I les forges catalanes. II Martinets et boutiques de cloutiers ", dans Conflent, n° 120, 1983,78 p. ; n° 129, 1984, 96 p.

WORONOFF Denis : L'industrie sidérurgique en France pendant la Révolution et l'Empire. Ed. de l'E.H.E.S.S., Paris, 1984, 592 p.

Complément bibliographique :

LANGLOIS (Gauthier). - « L’exploitation minière de l’Antiquité à nos jours dans le canton de Durban », Opération Vilatges al País, canton de Durban dans les Corbières, sous la direction de Francis Poudou, Narbonne : Fédération Léo Lagrange, 1999, vol. 1, pp. 92-107.
(On peut se procurer cet ouvrage volumineux et très riche de 404 pages au prix de 220 F + 30 F de frais de port à Vilatges al País - Ciném'Aude 2000, 27 avenue de Lattre de Tassigny, 11 000 Narbonne, tél. 04 68-32 00 83).

Retrouvez aussi un forum de discussion sur les mines des Corbières sur le site Cathare.org
http://cathares.org/plateforme0200.html

Langlois (Gauthier). – Olivier de Termes, le cathare et le croisé (vers 1200-1274), Toulouse : Éditions Privat, 2001, 288 p. (Collection Domaine cathare).)(B.n.F : 4-OK-1718 (1), Tolbiac - Rez de jardin – Magasin). (Les pages 84 et 184-185 sont consacrées à l’exploitation des mines du Termenès aux XIIe et XIIIe siècle)

Dossier Olivier de Termes, le cathare et le croisé sur le site Cathares.org
     Dans ce dossier retrouvez une présentation et des extraits du livre (sommaire, avant propos, cartes, généalogies, index…) des compléments, un forum de discussion dédié à Olivier de Termes. Vous pouvez aussi y commander le livre.


 

Notes :

(1) Cette étude a été rédigée à partir de notre maîtrise, Inventaire et étude des mines et industries métallurgiques des Corbières, du Moyen Âge à nos jours, Université de Paris I, 1987, à laquelle nous renvoyons pour les références qui seraient trop nombreuses pour cet article.

(2) Il fut notamment envoyé par le ministre Trudaine visiter les mines et les forges de Bohême et du Tyrol en compagnie de Gabriel Jars. Il travailla avec de Dietrich pour son rapport sur les Pyrénées. La Révolution lui donna également d'importantes responsabilités.

(3) La concession de Serremijane et Las Coupes resta dans la même famille jusqu'en 1909.

(4) Nous en connaissons une partie par une plainte, déposée par Varnier à la suite d'un vol commis par quelques mineurs jaloux en 1785 : 3 hottes ou "gourbils", 2 corbeilles, 3 pelles de bois, 1 écheveau de coton, 20 mèches soufrées, 60 livres de poudre, 15 livres d'huile d'olive dans deux jarres...

(5) Ceux que nous avons étudié, comme celui du Roc Noir, mesurent autour de 2,80 m de diamètre et 2,20 m de haut, avec une ouverture de 0,60 à la base pour le tirage et le déchargement.

(6) Dans le Canigou, relate l'ingénieur des mines Brochin, certaines mines n'étaient même pas accessibles aux mulets. On employait alors des femmes...

(7) E. Le Roy Ladurie, Les Paysans du Languedoc, Paris, SEVPEN, 1966.

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[Droits d’auteurs]

 

Page réalisée par Gauthier LANGLOIS

Extraite du site Paratge à l’adresse :
< http://paratge.chez-alice.fr/mines/mines1.htm>
Dernière mise à jour : 3 novembre 2001

 


La mine de Houille de SEGURE 

 

La mine de houille de Ségure

     Le petit bassin houiller de Ségure s'étend sur les communes de Tuchan et Quintillan, autour du hameau et du château du même nom. Il appartient à l’étage géologique du Stéphanien-Moyen et forme une ellipse d'environ 2,5 sur 1 km. Une seule couche, de 0,95 m de puissance a été exploitée, les autres étant trop mêlées de schiste. Des éruptions volcaniques survenues il y a des millions d’années ont rendu la houille dure et sèche. Ses caractéristiques, sèche et assez impure, la rendent impropre à de nombreux usages industriels, car on ne connaissait pas les procédés de lavage, qui permettent maintenant de trier le schiste du charbon. Un tri manuel était donc effectué à la sortie de la mine pour séparer l'argile schisteuse noire imprégnée, de la houille. Aussi, malgré les espoirs des minéralogistes des Corbières, on n'a jamais pu l'employer avec succès dans la réduction des minerais de fer et de cuivre. On ne peut pas en faire du coke, et la tentative d'installer des hauts-fourneaux à Ségure en 1839 fut un échec. La qualité la moins cendreuse a cependant été utilisée pour le grillage des minerais, et le chauffage des fours des forges maréchales. Sinon, elle a surtout été employée à la cuisson de pierres à chaux et de briques destinées à construire ou réparer les fortifications de Perpignan et des environs. Chaptal et Pailhoux au XVIIIe, puis Paliopy au XIXe l'ont aussi utilisée pour la réduction du minerai d'antimoine, à las Corbos (Maisons), la Bouzole (Palairac) ou les Orts (Soulatgé).


     Vers l'an 1678, le maréchal de Vauban, inspecteur des fortifications, exploita quelque peu cette houille pour cuire les briques destinées à l'exécution de ses projets de fortification de Perpignan et des environs. De 1691 à 1695 la mine est en exploitation sous la direction de Dominique Lespine, entrepreneur des mines pour le Roy. La mine, qui appartient aux seigneurs de Ségure, n'est pas directement exploitée par Lespine lui-même. Il se contente de sous-traiter avec des mineurs professionnels. En voici un exemple : Le 1er juin 1693, Dominique Lespine et Jean-Hector de Niort « Sieur de Faste et seigneur de Ségure", passent accord avec deux maîtres mineurs, François Pichou "du lieu de Règnes" et Pierre Esgaly "du lieu de Daveian". Les deux mineurs s'engagent "à acheter et tirer ors de la mine de Ségure la quantité de dus mille quinteaux de charbon de terre tant pour la brique que selui qui qui sera trié pour l'usage des maréchaux" Il leur sera payé trois sols par quintal. Le Sieur de Niort versera, à titre d'avance, 60 livres par mois aux deux mineurs pour leur permettre de subsisters jusqu'a la premiere vente de charbon. Il fournira aussi "neuf piqs à dux pointes, et de fer pour en faire trois autres que lesdits mineurs prandrons à poix et le randront de mesme a la fin du trabail ensemble trois pelles fer et quatre broette et une aissade à pointe ». Lespine, pour son compte personnel, contribue aux fortifications en fabriquant des briques, tuiles et « querons » dans la tuilerie qu'il possède à Perpignan au lieu-dit la Bajolle ».


     En 1756, les mines de Ségure et Quintillan sont redécouvertes par Pailhoux, un bourgeois entreprenant qui avait racheté la seigneurie de Cascastel. L'intendant du Languedoc lui accorde un permis de fouilles pour un an le 5 février 1756. L'exploitation est dirigée par un ingénieur de Perpignan, Grandbonnet, qui s'installe à Tuchan. Celle-ci est probablement abandonnée rapidement. Quand Gensanne visite la région en 1776 elle ne semble pas exploitée. En 1779, Pailhoux obtient de l'intendant une nouvelle permission de recherche pour un an (ordonnance du 2 septembre 1779). À cette époque, il s'associe avec différentes personnes pour exploiter les mines des Corbières, l'ingénieur Duhamel et Pelletier en 1779, son beau-fils Dagobert de Fontenilles et Duhamel en 1780, le chimiste Chaptal en 1782. Il obtient en 1781 une concession sur les mines de cuivre et plomb de Cascastel, Quintillan, Maisons, Montgaillard, Palayrac. Il estime alors sans doute que ces trois ordonnances suffisent pour justifier de son droit à exploiter les mines de Ségure, ce qui lui posera quelques problèmes par la suite. En 1787, un certain Sieur Blonde est entrepreneur des mines de Ségure, sans doute pour le compte de Pailhoux, et reçoit 2400 livres, pour la prime qui lui avait été accordé pendant six années. En 1788, Joseph-Melchior Pailhoux, fils aîné de Joseph-Gaspard, dirige la mine et réside à Tuchan. La mine alimente les forges maréchales de la région, elle sert aussi à chauffer les fours de la forge de Padern que Pailhoux a construite en 1779.
La Révolution française et la guerre entraînent un essor assez vif de la production de houille. C'est en effet depuis mars 1793 la guerre avec l'Espagne, et toute la région est mobilisée pour soutenir l'armée de Cerdagne, commandée par Dagobert de Fontenille. En juillet 1793 une partie de la population de Tuchan était réquisitionnée pour travailler à la mine, apporter la houille à l'hôpital militaire de Pia (Pyrénées-Orientales), ainsi qu'à la forge de Padern, que Pailhoux avait donné à son beau-fils Dagobert, et qui fabriquait des armes et des outils. Elle sert aussi à cuire des briques et des pierres à chaux pour réparer les fortifications de Perpignan. Pailhoux, pour prouver son zèle et obtenir de l'aide, envoie d'ailleurs en Messidor An 2 des échantillons de sa houille et de ses mines d'antimoine au Comité de Salut Public. Mais son zèle et les décrets de réquisition ne suffisent pas. Le 25 messidor an 2 (13 juillet 1794), la municipalité de Tuchan reçoit d'ailleurs un avertissement du département pour les retards dans l'approvisionnement : « la commune de Perpignan ne reçoit plus pour le secours de nos frères d'armes le charbon que vous étiez en usage de leur fournir avant l'époque salutaire du maximum. Je vous déclare que je vous enverrai 50 hommes de garnison aux frais de votre commune »...


     Comme nous l'avons vu plus haut, la mine est établie en partie sur des terrains qui appartiennent ou dépendent du Seigneur de Ségure. Pailhoux devait donc avoir conclu un accord avec celui-ci. Or, en l'an 2 (1793-94), pour une raison que nous ne connaissons pas, Jacques de Casteras seigneur de Ségure et procureur de la commune de Tuchan, empêche Pailhoux d'en poursuivre l'extraction. Il veut sans doute, voyant l'essor de sa production, récupérer la mine à son seul profit. Pailhoux, qui ne peut justifier de ses droits d'exploiter, présente alors au district de Lagrasse une pétition demandant l'extension à la houille, de la concession qu'il avait obtenu en 1781. Le rapport de force change alors. Jacques de Casteras a son fils Denis qui vient d'émigrer, et il est bientôt dénoncé par des patriotes. En germinal an 2, il est révoqué de sa fonction par le directoire du district. Par contre Joseph-Gaspard est le beau-père du général Dagobert de Fontenilles, qui vient de s'illustrer brillamment au service de la patrie en mettant en fuite les Espagnols. Aussi, par un arrêté du comité de Salut Public du 24 frimaire an 3 (14 déc. 1794), il est maintenu dans son droit d'exploiter les houilles de Ségure, Quintillan et Cascastel.


     En l'an 8, la mine était de nouveau à l'abandon en raison de l'absence de chemins qui rendait le transport de la houille à dos de mulet trop coûteux. Pailhoux a beau s’adresser au gouvernement et à son ancien associé, le ministre de l’intérieur Chaptal, rien n’est fait en ce sens. Aussi, Joseph-Gaspard vend-t-il sa concession au sieur Cathelan le 3 prairial an 13 (23 mai 1805). Pour être en règle avec les nouvelles lois sur les mines, Cathelan en demande alors en 1807 la concession. Dans sa lettre il fait part de son achat des droits et terrains de la mine à de Casteras, seigneur de Ségure, et de la concession à Pailhoux (cession confirmée par acte du 5 fructidor An 13 (23 Août 1805). Il n'obtient la concession que le 28 mai 1812. La concession s'étend sur les communes de Tuchan et Quintillan principalement, « dans une étendue de 16,43 km2, limitée ainsi qu'il suit : à partir de Palairac, par une ligne droite tirée de ce point vers le S.E. à la chapelle de Notre Dame de Fauste, à la borde de Sarda ; de ce point, vers le N.E., par une suite de lignes droites passant sur le sommet de la montagne de Roqueblanque ; de ce dernier point, par une ligne droite dirigée vers le N.E. sur Quintillan : de Quintillan par une ligne droite dirigée vers l'O. sur Palairac, point de départ. Il existe alors sur les mines de Ségure 1e) deux puits, dits de Ségure et de St. Gervais, non exploités ; 2e) diverses galeries, dite de la grande et de la petite mine, qui sont les seules en exploitation régulière ». Avec d’un ingénieur allemand Cathelan recommence aussitôt les travaux qu'il avait interrompu jusqu'à la publication du décret de concession, mais doit les abandonner l'année suivante pour envoyer ses ouvriers, à la demande du gouvernement, dans la mine d’Estavar afin de soutenir l’effort de guerre en Espagne.


     Nous ne savons pas quand l'extraction reprend. Les procès verbaux de visite nous permettent de suivre les travaux de 1819 à 1823. En 1820 les travaux sont suspendus depuis le commencement de l'année à Ségure proprement dit. Quant au percement commencé plusieurs années auparavant à Quintillan, à l'exposition du couchant, et repris en 1819, il nécessite deux heures de pompage par jour à la main. Une galerie d'écoulement s'avère nécessaire. En 1821, l'extraction s'effectue à 24 m de l'entrée, ou une galerie de 54 m a été percée. Les réserves délimitées par les travaux sont estimées à 168 m3 de houille. La production s'élève cette année là à 416 tonnes. Le P.V. du 22 oct. 1822 nous apprend que la houille est envoyée notamment aux fours à chaux d'Espira de l'Agly, construits par Cathelan, et exploitées pour deux ans, ainsi que la mine de Quintillan, par le Sieur Tardes, entrepreneur des fortifications de Perpignan. La mine est bien travaillée. Elle utilise alors 7 ouvriers, dont 3 mineurs, et 4 manœuvres utilisés surtout au pompage.


     Les ouvriers sont assez nombreux pour qu'on construise pour eux la « caserne des mineurs » qui existe encore. C'est la dernière bâtisse à gauche, à la sortie de Ségure, dans la direction de Palairac. Là vivent en collectivité les mineurs célibataires. Les bâtiments de la mine comportent aussi une forge située à la sortie Nord, sur la gauche, à cinquante mètres avant la caserne des mineurs.


     Cathelan meurt en 1827 à l'age de 72 ans. La mine est reprise en 1838 et jusqu'en 1847 par la compagnie Maillard. « Les travaux de la mine de houille de Ségure, qui ont été entrepris avec activité en 1838, se sont poursuivis pendant toute l'année 1839 : une somme totale de 125 718 fr. y a été dépensé ; l'objet principal de ces travaux était de reconnaître la couche exploitable sur divers points de la concession. On construit dans ce moment, auprès de la mine, un haut-fourneau d'essai, de petite dimension, dans lequel on fondrait les minerais de fer de cette contrée, au moyen de la mine employée en nature. La production atteignait 6500 tonnes en 1838 dont 3250 seulement furent vendues. En 1840 la mine de Ségure a produit 3000 m3 de charbon, sur lesquels 1700 seulement ont été écoulés. C'est le défaut des débouchés qui restreint le développement de cette exploitation, malgré les effort de la compagnie pour arriver à répandre ses produits, soit en créant des routes, soit en donnant l'exemple de l'application du combustible minéral à la cuisson de la chaux et celle des briques. » En 1841 la mine est presque abandonnée. À la suite d'un procès entre M. de Pleville, administrateur de la mine, et la compagnie G. Maillard concessionnaire, la mine est abandonné en 1846, puis mise en adjudication l'année suivante. M. P.J. Foucaud l'achète pour 55 000 francs et en reprend aussitôt l'exploitation. La mine est préalablement asséchée et le nouveau concessionnaire construit un aqueduc dérivant le ruisseau de Faste. En 1850 elle produit 6000 quintaux. Le concessionnaire ne rencontre pas plus de succès que ses prédécesseurs et successeurs dans l'exploitation de cette mine et celle-ci est a nouveau mise en adjudication en 1858. Quelques travaux ont lieu en 1860, puis la mine passe dans les mains de R.S. Jacomy, directeur des mines de Fillols (P.O.), et notamment concessionnaire des mines de fer de Balansac, la Caune des Causses et Monthaut, et de la mine de houille de Durban, qui lui rend une certaine activité puis l'abandonne. La mine fonctionnera à nouveau en 1914-18 et en 1939-1945. La concession est rétrocédée à l'État en 1926. Actuellement tous les travaux, qui s’étendaient sur les deux côtés du ruisseau, sont bouches. Seuls quelques affleurement de houilles sont visibles.


Sources : G. Langlois, Inventaire des mines et industries métallurgiques des Corbières, 1987

 

 

 

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Dernière mise à jour : 4 février 2004

 Extrait de :

 http://paratge.chez-alice.fr/vap/MineSegure.htm


Les Mines dans les Corbières

Extraits de :

http://cascastelchateau.fr/Documents/Les%20Mines.pdf

 

 

 

 

 

 

 

Suite sur le site du Château de Cascastel :  http://cascastelchateau.fr/Documents/Les%20Mines.pdf

 

 

 

 

 

Bibliographie de Mr LANGLOIS

G. Rancoule, Y. Solier, « Les mines antiques des Corbières audoises », Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon… Actes du XLIXe congrès de la Fédération Historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, Montpellier, 1977, pp. 23-39.

G. Langlois, Olivier de Termes, le cathare et le croisé, (vers 1200-1274), Toulouse : Éditions Privat, 2001, 288 p.

G. Langlois, « L'exploitation du fer à Villerouge et Palairac (Aude, XVIIIe - milieu XIXe), une absence de techniques ? », Les techniques minières de l'Antiquité au XVIIIe siècle, Actes du colloque international sur les ressources minières et l'histoire de leur exploitation de l'Antiquité à la fin du XVIIIe siècle, réuni dans le cadre du 113e Congrès des sociétés savantes, Strasbourg, 5-9 avril 1988. Paris : éditions du C.T.H.S., 1992, p. 205-214. L. Maury, La Résistance audoise (1940-1944), Comité d'histoire de la Résistance du département de l'Aude, 1980, 2 tomes.

G. Langlois, Inventaire et étude des mines et industries métallurgiques des Corbières (Aude) du Moyen Âge à nos jours. Mémoire de maîtrise, Université de Paris I, 1987, 2 vol.

Rapport BRGM R 39498 de Bruno Alabouvette, mai 1997.

Journal d’information trimestriel de la Drac Languedoc-Roussillon, n° 1, janvier 2001. En ligne à l’adresse :
Note de S. Roué du CPEPESC Franche-Comté publié sur le site de l’Équipe Interdisciplinaire d'Études et de Recherches Archéologiques sur les Mines Anciennes et le Patrimoine Industriel (Ermina) : http://members.aol.com/arkmetal/FERMETURES.html

 

Bibliographie de Mr MANTENANT

 extrait de sa thèse de doctorant en archéologie :

EXPLOITATION MINIERE ET ECONOMIE DES METAUX DANS L'ARRIERE-PAYS NARBONNAIS DURANT L'ÂGE DU FER ET LA PERIODE ROMAINE  (AUDE) 

 

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIES

 

SOURCES

 

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Série S742 :

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AD Aude, S758, FURIET, 10 novembe 1872.

 

Série S759 :

AD Aude, S759, Service des Mines, 8 avril 1904.

AD Aude, S759, RAYNAUD, 19 avril 1904.

AD Aude, S759, Service des Mines, 16 juin 1904.

AD Aude, S759, RAYNAUD, 12 septembre 1905.

 

Série S770 :

AD Aude, S770, RAYNAUD, 31 décembre 1909.

AD Aude, S770, Conseil Municipal de Cascastel, 5 juillet 1912.

AD Aude, S770, RAYNAUD, 31 août 1912.

AD Aude, S770, RAYNAUD, 28 février 1913.

 

Série S780 :

AD Aude, S780, 18 juin 1841.

 

Série SW541 :

AD Aude, SW541, REY, 22 juillet 1920.

AD Aude, SW541, Préfecture de l'Aude, 7 septembre 1923 ;

 

Série SW544 :

AD Aude, SW544, Préfecture de l'Aude, 19 août 1924.

 

 

Archives du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (Montpellier) :

 

Archives BRGM, plan de la concession de Serremijeanne, début du XXème siècle.

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LIENS

http://www.univ-tlse2.fr/utah/fer/

http://www.ermina.fr/presentation/index.html

 

Les anciennes mines de cuivre, argent et barytine du secteur Padern-Montgaillard (Aude)

Pierre Thomas

http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/objets/img_sem/XML/db/planetterre/metadata/LOM-Img281-2009-06-29.xml

 

A partir du  site du Château de Cascastel

http://cascastelchateau.fr/CorbieresPaysMinier.aspx