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Les
MINES dans l’AUDE
Table
des Matières
Régime minéral du
Département de l’AUDE (première partie)
Par
Mr M. ESPARSEIL Bulletin de la
SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1893 Régime minéral du
Département de l’AUDE (deuxième partie)
Par
Mr M. ESPARSEIL Bulletin de la
SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1894 Etude sur les GITES FERRIFERES
concédés dans LES CORBIERES
Par
Mr R. ESPARSEIL Bulletin de la
SOCIETE SCIENTIFIQUE de l’AUDE en 1927 Les mines de PALAIRAC
Par
Mr Michel Rzepecki, Maire de Palairac L'exploitation du fer à Villerouge et
Palairac
Par
Mr Gauthier LANGLOIS La mine de SEGURE
Par
Mr Gauthier LANGLOIS Les mines des Corbières
Par
Mr Gauthier LANGLOIS Bibliographie de Mr LANGLOIS
Bibliographie de Mr MANTENANT
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L'Aiguille,
la galerie d'entrée |
La
partie noyée de l'Aiguille |
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Le
puits vertical de l'Aiguille |
Lacanal :
entrée de la galerie |
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Les
rainures destinées à noyer la galerie |
Lacanal
: début de la galerie |
Deux ou
trois petites particularités sont attachées à la galerie de Lacanal :
-à 220 m à l'intérieur une croix est gravée dans la paroi,
-des raynures sur les parois à l'entrée permettaient de placer une fermeture
amovible destinée à noyer complètement la galerie sur toute sa hauteur,
-enfin, juste avant l'actuelle grille qui ferme l'entrée se trouvent les
feuillures, l'emplacement des gonds, l'emplacement de la barre de fermeture
d'une porte qui ne pouvait s'ouvrir et se verrouiller que de l'intérieur.
Les anciens
du village rapportaient une légende à propos de la galerie. Dans les années
1660, Louis XIV serait venu visiter la mine de Lacanal. Il serait rentré dans
la galerie à cheval jusqu'à un lac souterrain (endroit où la galerie descend
et est noyée) où il aurait jeté une pièce d'or. Il aurait ensuite visité le
village et, pour remercier les habitants de leur hospitalité et faire pardonner
les dégâts causés en 1655 par son armée de passage à Palairac, il aurait
offert le mobilier de l'église Saint Saturnin.
Les mines
de la Caune des Causses - Monthaut et l'Abeilla
(Peyrecouverte)
Les mines
qui ont fait la force de Palairac sont les mines de fer. C'est pourquoi sa
devise est "Ferrum Fortiam Fecit". Les principales mines de fer sont
celles de la concession de Serremijanes et Las Coupes sur le plateau de Lacamp,
et celles de la concession de la Caune des Causses et du Monthaut.
Cette dernière, toujours située dans la région dite Peyrecouverte,
représente probablement le site minier le plus important des Corbières. Il est
situé essentiellement sur la colline du Monthaut. La Caune des Causses est une
mine située un peu plus au Nord dans la commune de Davejean. Le Monthaut compte
pas moins de 71 zones d'extraction de minerai. Outre le fer et différents
minéraux connexes, une importante quantité de Barytine n'a pas fait l'objet
d'extraction et se retrouve dans les haldes. En 1982 un essai d'exploitation de
cette barytine s'est soldé par un échec.
L'essentiel des travaux consistent en d'énormes barrencs (ravins) pouvant
dépasser les 50 m de profondeur (c-à-d des exploitations à ciel ouvert). On
trouve aussi bien souvent, pour continuer l'exploitation, certaines recherches
sous forme de galeries ou descenderies.
L'exploitation première remonte encore à l'époque romaine. A Maisons et
Davejean (caraillet) ou encore à Laferrière à Palairac se trouvaient les
fonderies pour extraire le métal. Diverses périodes d'exploitation se sont
succédées au cours du temps : moyen-âge, XVIIIème, XIXème, XXème. La
construction du chemin de fer (1901) de Lézignan-Corbières à Mouthoumet a pu
relancer l'exploitation à partir de 1919. Un chemin de fer aérien fut créé
qui reliait par câble et godets le site minier à la gare ferroviaire de
Félines-Termenès. Les installations (terminal, divers bâtiments, etc.) sont
encore visibles au pied du Monthaut.
Un système
aérien permettait d'acheminer le minerai depuis le sommet du Monthaut à ce
terminal. 4 chemins horizontaux conduisaient par wagonnets à ce chemin de fer
vertical. La guerre 40-45 a tout arrêté.
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Un
barrenc du Monthaut |
Au
fond du barrenc les travaux se poursuivent par galeries |
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Enfin, pour
terminer cette présentation des mines de Peyrecouverte, un mot du site de l'Abeilla.
Il est situé au Sud Est du Monthaut et au pied de celui-ci. Il fait la jonction
entre les filons de Lacanal, la Bousole, le Monthaut. Des barrencs le composent
de même que quelques vestiges de départ de galeries. L'exploitation y fut
très ancienne (Cu, Pb, Ag) : Gauthier Langlois (voir Bibliographie),
dans le cadre de sa thèse de Maîtrise sur les Mines des Corbières en 1986, a
retrouvé des fragments d'amphores de type Dressel 1A donnant une datation du
1er siècle avant JC. Le site de l'Abeilla communique peut-être avec celui de
Lacanal et en aurait constitué un des départs. Contrairement aux sites
précédents celui-ci a surtout été exploité dans le passé et pas à une
époque récente. Les anciens y recherchaient certainement surtout l'Argent.
Elle devait faire partie des mines convoitées au Moyen-âge par les Seigneurs
de Termes et l'Abbaye de Lagrasse.
Les mines
du plateau de Lacamp : concession Serremijanes et Las Coupes
Seconde
partie
En partant
du village et en se dirigeant vers Quintillan, à 1 km on arrive au col de la
Gineste. Un chemin à gauche permet d'accéder au plateau. Il contourne le pech
de la Calvière, passe par le col de La Croix de Pierre, le col
d'en Couloum, et arrive au col de l'Homme Mort. Le plateau, situé à
environ 550 m d'altitude, s'étend sur trois communes (Palairac, Villerouge et
Talairan) et se développe entre deux monts un peu plus élevés, le Roc de
Golta (622 m, Villerouge) et le pech de Guillaumet (630 m, Palairac).
La partie du plateau se trouvant sur Palairac s'appelle le Prat de Labat ou le
Pré de l'Abbé, en souvenir des champs qui y étaient cultivés jadis pour
l'Abbaye de Lagrasse. La concession de Serremijanes et Las Coupes se situe
essentiellement sur Palairac et Villerouge. Elle a été instituée par
ordonnance royale le 10 janvier 1821 au profit de Mr Gary. En 1913 elle fut
réunie à d'autres concessions voisines et cédée à la Société des Mines de
Villerouge et d'Albas. Devenue orpheline, la concession a fait l'objet de
travaux de mise en sécurité en 2001. Le minerai riche en fer (45 à 50%) se
présentait sous forme de carbonate ou d'hydroxyde. La plus importante période
d'extraction s'est faite avant 1855, époque de la disparition des forges
catalanes. Ultérieurement quelques essais de reprises ou quelques travaux de
recherche ont été tentés, mais sans grand résultat. Ici aussi l'exploitation
initiale remonte à la période gallo-romaine.

Passé le
col de l'Homme Mort, le début du plateau face au Roc de Golta
On comptait
pas moins d'une soixantaine de sites d'extraction dans le périmètre (170 Ha)
de la concession. La plupart du temps à ciel ouvert, certains sites
consistaient en des cavités de type karstiques peu profondes, véritables
grottes naturelles remplies de minerai. On comptait aussi quelques travaux sous
forme de galerie d'époque plus récente. 90 % des sites ont subi la mise en
sécurité. Elle consiste, malheureusement, en la destruction pure et simple des
travaux miniers : comblement des fosses, des puits, effondrement des entrées de
galerie, ... Quelques sites, jugés dignes d'intérêts archéologiques, ont
cependant été conservés. Toutefois, l'accès aux cavités ou aux galeries a
été rendu impossible par la création d'un mur en béton ... d'un mètre
d'épaisseur, armé avec des barres pouvant atteindre 20 mm de diamètre...

Le mur d'un
mètre d'épaisseur bouchant l'entrée d'une cavité (en bas)
La Cauna
de Mathieu Rieu

L'entrée de
la "grotte"

L'intérieur
de la cavité s'étalant sur une quinzaine de mètres.
Cette
cavité située au bord d'un ancien chemin, ressemblant aujourdhui à une petite
grotte d'une quinzaine de mètres de long, a été utilisée au XVIIème comme
bergerie par un berger nommé Mathieu Rieu. Au devant du porche d'entrée, il y
avait un toit en tuile. Cette grotte est néanmoins un réel site minier,
consistant en une poche de minerai d'une vingtaine de mètres de longeur,
exploité en partie à ciel ouvert. Les travaux de Monsieur Gauthier Langlois
ont permis de retrouver des tessons pouvant dater du Vème ou VIème siècle.
La mine
'noyée', le Caraillet ?

Les deux
entrées au bas du Grand-Minier désignées par la "mine noyée"
Las Coupes
est un mamelon situé entre le bas du Pech de Guillaumet, à la ruine de Sauvère,
et la colline de SerreMijane. Plusieurs sites portaient des noms comme
Borde-Vieille, le Dauphin, Salimon, le Grand-Minier. La mine noyée, peut-être
improprement appelée le Caraillet, se trouve au pied du Grand-Minier, dans le
ruisseau. Deux cavités démarrent en descendant, l'une vers l'Ouest, l'autre
vers l'Est. Celle à l'Ouest est quasiment toujours pleine d'eau, d'où le nom
de mine noyée. Celle à l'Est possède des périodes séches. En 1785, Mr
Varnier, constructeur de la forge de Quillan, semble avoir exploité le filon
pour alimenter cette forge. Mr Brochin, au début du XIXème, en parle ainsi :
"La montagne de Las Coupes, séparée au Sud de celle de Serremijanes par
un ruisseau est réputée riche en mine de fer et c'est avec raison ; Mr de
Varnier y a exploité à peu près seul ; l'exploitation principale appelée le
Grand Minier a été poussée à une assez grande profondeur vers la base de la
montagne sur le revers opposé Nord; cette exploitation que je n'ai pu voir,
passe pour avoir été une des plus considérables du pays ; le minerai en
était considéré comme le meilleur et le plus facile à traiter de
l'arrondissement ; l'affluence des eaux a occasionné l'abandon de cette
minière..."
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L'entrée
de la cavité de droite |
Le
départ de la galerie de recherche au bas de la cavité |
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Le bas
de la cavité |
La fin
de la galerie donnant dans une cavité remontant vers le haut |
Comme très
souvent, l'exploitation est partie d'une ou plusieurs cavités naturelles dans
lesquelles des travaux de recherches, par percement de galerie, ont permis de
suivre, ou de retrouver, le filon en donnant accès à d'autres cavités.
L'ensemble de ces vides souterrains sont issus à la fois du travail de la
nature et du travail de l'homme. Le Grand-Minier (voir ci-dessous) communique
très certainement avec ces travaux situés à sa base.
Le
Grand-Minier
Varnier en
parlant du Grand-Minier ne parlait pas de la mine qui vient d'être décrite. Il
parlait des travaux, en grande partie à ciel ouvert, qui se trouvent juste
au-dessus. Ils constituent une "minière". Un barrenc, étroit et
d'une grande longueur, balafre la colline de Las Coupes dans le sens Est-Ouest,
depuis le haut de la mine noyée jusqu'au sommet, en débouchant sur l'autre
versant dirigé vers Serremijane. L'endroit est surprenant, d'une rare beauté.
Des parties sont encore couvertes par la roche, formant ainsi des arches
naturelles, et sont probablement le siège de vestiges très anciens
d'occupation humaine. Le rapport initial du BRGM, pour l'étude de la mise en
sécurité de la concession, préconisait un dynamitage conséquent du site pour
le sécuriser. Il est très dangereux, les falaises sont souvent invisibles,
couvertes par la végétation. Toutefois l'intervention de la DRAC (Direction
Régionale de Affaires Culturelles) a interdit de détruire le site par
intérêt archéologique. Tout le long du barrenc on voit des amorces de
recherche de minerai sous forme de départ de galerie. L'endroit est très
certainement truffé de cavités en tous genres, inexplorées à ce jour.
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En
remontant vers le sommet de Las Coupes |
Le
Grand-Minier, vu depuis le départ en bas |
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A
mi-pente vu du dessus |
La
partie située de l'autre côté du sommet de la colline |
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Un
accès, d'environ 50 cm de diamètre à une cavité faisant partie de
l'ensemble, mais qui ne paraît pas accessible par le barrenc lui-même |
Une mine
non retrouvée avant 2007
Enfin pour
terminer ce survol des mines du plateau de Lacamp, voici une mine inédite.
Une étude, de mise en sécurité de certains sites non effectuée en 2001, est
en cours de réalisation. Elle a permis de retouver une cavité démarrant à
flan de colline par un orifice de 4 m de large sur 15 à 20 m de long et
pénétrant verticalement à une profondeur d'au moins 100 m. A mi-chemin, un
travers-banc a été creusé qui démarre au niveau du lit du ruisseau et
rejoint une cavité large, servant de départ à plusieurs galeries ou fosses
naturelles se développant vers le bas. Cette cavité est le siège d'une
nombreuse population de chauves souris. A ce propos, lors des travaux de mise en
sécurité, certains sites, jugés utiles comme habitacles de certaines
espèces, ont subit une obstruction par le mur de béton dans lequel des
ouvertures, au niveau du sol (pour les rampants ou non volatiles) ou en hauteur
(pour les autres), ont été pratiquées pour laisser le passage à la faune
concernée.
Le site découvert est encore un ensemble de fosses naturelles et de travaux
faits de main d'homme destinés à exploiter au mieux le minerai s'y trouvant.
Un galerie horizontale traverse à un endroit une cavité naturelle avec de
surprenantes concrétions calcaires dues aux eaux de ruissellement. Pour
quelques mètres, cette mine n'est pas située sur le territoire de la commune
de Palairac mais celle de Villerouge-Termenès.

L'entrée de
la galerie de travers-banc

Une galerie
avec une chauve-souris accrochée au plafond.

Vers la
cavité principale

(Ajout
de février 2009)
Mise en
sécurité des Mines
La mise en
sécurité des mines de la concession orpheline de Serre-Mijane et Las Coupes
est en voie d'achèvement.
Une concession est dite orpheline quand, à l'issue du temps de concession, le
titulaire a disparu, est défaillant ou inconnu. La compétence de l'Etat
s'exerçant en pareil cas, celui-ci est seul maître des opérations qui
s'inscrivent dans le cadre d'un programme du ministère de l'Industrie. C'est en
1997 qu'a débuté l'étude du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et
Minières) pour la mise en sécurité , demandée par la DRIRE (Direction
Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement)
Languedoc-Roussillon. Cette première étude s'est concrétisée en 2001 par des
travaux sécurisant la majorité des endroits de la concession estimés
dangereux.
Ces travaux, destructeurs, reposent sur le foudroyage de l'entrée des galeries,
le dynamitage des parements des fosses, l'utilisation du brise-roche et du
bulldozer. Rappelons que quelques cavités, jugées d'intérêts archéologiques
par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) n'ont pas subi cette
mise en sécurité destructrice mais ont reçu le mur de béton empêchant tout
accès.
La plupart des photos précédentes de cette page, réalisées au cours de
l'étude complémentaire de 2008, concerne les quelques sites non mis en
sécurité en 2001 et qui viennent de l'être, mais de manière différente.
L'objectif était de traiter ces sites sans les détruire. Ils font bien
évidemment partie des lieux protégés par avis de la DRAC. Les rares galeries
à sécuriser ont reçu le traditionnel mur de béton. Les barrencs et entrées
de fosse ont été garnis de filets métalliques à mailles de 25 cm x 25 cm et
de 12 mmm d'épaisseur. Une entreprise spécialisée dans les travaux d'accès
difficiles est intervenue compte tenu de l'aspect accidenté du terrain.
Ces travaux sont évidemment beaucoup plus chers que ceux réalisés en 2001.
Seul l'intérêt archéologique des sites a fait qu'ils ne soient pas purement
et simplement détruits. Toutefois cette méthode à filet permettrait, en la
généralisant à d'autres endroits, d'éviter de perdre des témoignages de
notre histoire qui remontent parfois à l'Antiquité.
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Le
Grand minier et son filet protecteur |
L'entrée
d'une fosse et son système de protection. |
Cette mise
en sécurité est cependant nécessaire vu le nombre de curieux qui cherche on
ne sait quoi dans ces antiques lieux de travail. Une pépite d'or ? Une ancienne
sépulture d'un personnage important ? L'entrée de l'Agartha ? Ce genre de
découvertes, utopiques, n'existe pas à Palairac, ni ailleurs. Il est
regrettable que beaucoup n'arrivent pas à discerner certaines légendes des
réalités. Tant que tout cela reste sur un plan des idées, pas de problème. A
partir du moment où on cherche des "preuves matérielles" le cap de
l'inconscience est souvent dépassé, avec des risques non négligeables pour la
santé. Non, il n'y a rien à "trouver" à Palairac, si ce n'est,
concernant les mines, la connaissance d'un patrimoine industriel millénaire
dont la plupart des hommes politiques régionaux et nationaux se soucient bien
peu, et, éventuellement, l'expression d'une philosophie très ancienne issue du
travail des métaux.

L'arche de
pierre qui débute le Grand Minier
Gauthier LANGLOIS
Article
extrait de : Les techniques minières de l'Antiquité au XVIIIe siècle,
Actes du colloque sur les ressources minières et l'histoire de leur
exploitation de l'Antiquité à la fin du XVIIIe siècle, réuni dans le cadre
du 113e congrès national des sociétés savantes, Strasbourg, 5-9 avril 1988.
Paris, Editions du C.T.H.S., 1992, pages 205-214 .
Résumé :
Alors que les forges à " la catalane " de Languedoc se développent et se perfectionnent, les mines de fer de l'Aude et des Pyrénées-Orientales persistent jusqu'au milieu du XIXe siècle dans un mode d'exploitation archaïque.
A travers l'étude des mines de Villerouge et de Palairac nous essayerons de replacer les techniques d'exploitation dans leur cadre géologique, social, et économique, et tenterons d'expliquer l'absence d'innovations et d'investissements.
Payés au quintal de minerai par les maîtres de forge, les mineurs paysans se contentent de dépiler les filons par des descenderies subverticales, au mépris des difficultés d'aérage, d'exhaure et de circulation. Les chantiers sont abandonnés au moindre problème, pour une mine voisine, elle même autrefois abandonnée pour les mêmes raisons. Le grillage du minerai sur le carreau, et son transport rendent son prix exorbitant. Les conseils éclairés de minéralogistes et d'ingénieurs restent dans ces conditions sans effets.
Cependant, ces techniques ne nécessitant pas de capitaux, restent adaptées à un monde et une économie agricoles, préservés un certain temps de la concurrence (1).
Situation :
Au
sud du Languedoc, les Corbières sont limitées par la mer, les vallées de
l'Aude et de l'Agly. Le massif paléozoïque de Mouthoumet qui constitue leur
ossature, remanié par l'orogenèse hercynienne, se présente comme un ensemble
d'anticlinaux O.-E.-N.E. recoupé de failles parallèles et normales. Les
rivières ont achevé de morceler le relief en creusant d'énormes canyons. Si
les Corbières sont faciles à contourner, leur pénétration reste très
difficile.
La
zone orientale de notre massif est particulièrement riche en fer. Elle forme un
plateau en forme de croissant de 8x2 km, orienté N.-N.E.-E., bordé par les
villages de Villerouge et Palairac. Il s'y présente principalement sous forme
de poches de minéralisation karstique exogène, recoupées par des filons
hydrothermaux, dans le Dévonien supérieur calcaire ou dolomitique près de son
contact avec le carbonifère. Hématite, goethite et sidérose sont les minerais
de fer les plus abondants et les seuls exploités.
Ces
minerais affleurants et faciles à réduire ont été exploités très tôt. Les
romains ont laissé sur le plateau qui sépare Villerouge et Palairac d'immenses
excavations à ciel ouvert qui ont pu être datées du IIe siècle avant au Ier
siècle après J.C. par la céramique. L'extraction semble s'être poursuivie au
Moyen Âge pour reprendre, après un long abandon, à la fin du XVIIe siècle ou
au début du XVIIIe siècle.
Les exploitants :
Entre
1740 et 1780 se créent ou se reconstruisent une vingtaine de forges
hydrauliques dans l'Aude. Si les forges du haut bassin de l'Aude font venir leur
minerai du Canigou ou du Vicdessos, les forges des Corbières et de la Montagne
Noire préfèrent s'approvisionner aux mines de Villerouge et Palairac plus
proches. C'est donc aux maîtres de forges que l'on doit l'exploitation de ces
mines. Ce sont souvent des bourgeois enrichis dans la finance, anoblis par
l'achat d'une charge ou d'une seigneurie, qui se lancent dans l'industrie. C'est
le cas de Mr. de Malvès, qui construisit la forge de Saint-Pierre-des-Champs,
et de son successeur, Messire d'Advisard, président à mortier au parlement de
Toulouse, qui racheta la seigneurie. Ils mirent en exploitation au début du
XVIIIe siècle la mine de Lacamp au nord du plateau du même nom, la plus proche
de leur forge. La mine de la Caune des Causses est rouverte par Olivier de la
Gardie, seigneur d'Auriac qui reconstruit sa forge vers 1750. Les mines du
Monthaut sont exploitées sans doute à partir de 1753 par quelqu'un qui se fait
appeler le marquis de Montgaillard et qui vient de construire une forge et une
clouterie.
Parmi
les exploitants miniers et les maîtres de forge de la fin du XVIIIe siècle il
faut faire une place à part à trois familles particulièrement
dynamiques : les Rivals, les Pailhoux et les Gary.
Raymond
Rivals, receveur des tailles de Carcassonne qui se faisait appeler Monsieur de
Rivals, avait racheté les deux forges de Gincla et celle de Monfort aux
héritiers Castanier d'Auriac. C'était un homme cultivé, très au fait des
progrès techniques de son époque. En 1780 des expériences de conversion de
fer en acier furent faites par ordre du gouvernement dans les forges du comte de
Buffon et dans la manufacture d'acier de Nérouville dans l'Orléanais. Le
chevalier de Grignon, chargé de ces expériences, classa le fer de Gincla
envoyé par Mr. de Rivals comme étant l'un des plus aptes à la cémentation.
Pendant
plus de quarante ans, les établissements de Gincla où les Rivals innovèrent
sans cesse, notamment sous les conseils de l'ingénieur Brochin, furent
considérés comme un modèle pour les forges du groupe catalan. Mais à part
quelques recherches infructueuses, les Rivals ne se sont jamais intéressé à
leur approvisionnement en fer qui constituaient pourtant un goulet
d'étranglement financier.
Joseph
Gaspard Pailhoux était le fils d'un médecin des États de Languedoc.
Conseiller au bureau des finances de Montpellier, receveur conseiller au conseil
souverain de Roussillon, il rachète au milieu du XVIIIe siècle la seigneurie
de Cascastel dont il prend le nom.
Prenant
conscience de la richesse minéralogique de ses terres et des Corbières il se
lance avec peu de capitaux et sans grandes connaissances techniques dans
l'exploitation de la houille, du fer, du marbre et du cuivre argentifère.
Toutes ces entreprises ne sont pas des succès et n'ont que peu d'ampleur. Mais
il extrait régulièrement du fer de la mine de Balansac sur ses terres de
Villeneuve pour alimenter la forge de Saint-Pierre des Champs. Disposant par
ailleurs de la mine de houille de Ségure qu'il avait tenté de rouvrir en 1756,
Gaspard Pailhoux décide en 1779 de construire une forge peu éloignée de ces
approvisionnements. Il cherche alors à s'entourer de techniciens compétents et
fait venir de Paris où il a envoyé son fils, l'ingénieur Duhamel et le
négociant Pelletier.
Duhamel
était un ingénieur renommé qui avait un rôle très actif dans la politique
industrielle du gouvernement (2)
Mais s'intéressant surtout comme Pailhoux aux mines polymétalliques, et
appelé à d'autres responsabilités, il ne resta pas longtemps son associé. Il
eut toutefois le temps de marier son cousin, le capitaine Dagobert de Fontenille,
avec Jacquette Pailhoux de Cascastel, fille de Gaspard.
Deux
ans plus tard, Pailhoux cède la forge de Padern et les mines de fer qui lui
sont attachées à son beau-fils Dagobert, pour se consacrer à l'exploitation
de l'antimoine des Corbières avec le chimiste Chaptal auquel il vient de
s'associer. Sans doute à court d'argent, Dagobert essaye en 1787 de revendre la
forge et les mines aux sieurs Perier et Wendel, administrateurs de la fonderie
royale d'Inderet et fondateurs du Creusot. Ces deux industriels avaient
probablement été intéressés par la réunion dans un même secteur de fer, de
houille, et d'une forge relativement proche des ports et arsenaux de la
Méditerranée. Mais il durent s'apercevoir que la houille de Ségure, trop
sèche, nuisait dans le traitement du fer à la catalane, et ne pouvait être
transformée en coke.
Contrairement
aux précédents, la famille Gary n'est pas issue de propriétaires mais de
fermiers de forges, et dirigea de près ses affaires. Le père, inventeur des
filons de Serremijane, exploita ces mines à partir de 1764 à la demande de M.
de Pujol, propriétaire de la forge de Saint-Denis Lacombe. Gary fut par la
suite fermier de cette forge et de Saint-Pierre-des-Champs.
Le fils, Louis, officier puis receveur du district de Lagrasse sous la Révolution, reprend les affaires de son père et l'exploitation de Serremijane dont il obtient la concession en 1821 (3).
Si ces entrepreneurs participent largement au progrès technique général, notamment en tant que maîtres de forges, nous allons voir qu'ils n'intervenaient absolument pas dans la conduite des exploitations minières.
Les
mineurs et leur techniques :
Les mineurs étaient tous originaires des villages voisins où ils résidaient. Les quatre maîtres de forge qui s'approvisionnaient régulièrement aux mines de fer des Corbières, se contentaient de choisir parmi eux des commis, chargés de les représenter.
Les mines étaient situées exclusivement dans les vacants des différentes communes. Aussi l'extraction du fer ne gênait personne et son exploitation était pratiquement libre. Jusqu'à la Révolution, les mineurs se contentaient de passer des baux avec les bénédictins de Lagrasse, seigneurs de Palairac, ou l'Archevêque de Narbonne, seigneur de Villerouge. Moyennant la redevance de 2 sous 6 deniers par tonneau de 5 quintaux de minerai, ils creusaient où bon leur semblait. En contre partie, une mine n'appartenait à un groupe de mineurs ou à un maître de forge que tant que ceux-ci l'exploitaient. Aussi les exploitations étaient juridiquement très précaires.
Seule l'exploitation de Jean-Joseph de Varnier faisait exception. Ce receveur général des fermes du roi avait construit en 1784 la forge de Quillan. Nouveau venu parmi les exploitants, il s'assura d'une concession sur ces mines et tenta en vain de se servir de ce titre pour avoir le monopole de l'extraction. Il avait fait construire au milieu du district minier un bâtiment qui abritait le matériel, le logement de son commis, et des lits à la disposition des mineurs qui désiraient coucher sur place. Mais ses mineurs ne travaillaient pas différemment des autres et leur matériel, plutôt réduit, ne se différenciait guère de l'outillage agricole (4).

Les
mineurs les plus expérimentés, ou "piqueurs", se chargeaient de
l'extraction. Le travail s'effectuait au hasard du pic, éclairé à la lampe à
huile ou "calel". Outre les pics, ils utilisaient, quand le minerai
était plus dur, des marteaux et des pointerolles sans manche en tout point
comparables à celles de l'Antiquité. Les "sorteurs" ramassaient le
minerai à l'aide de pelles de bois et de houes et le remontaient au jour dans
des hottes ou "gourbils".
Payés
au quintal de minerai, sans formation ni encadrement technique, les mineurs ne
se contentaient que d'enlever le fer le plus riche, la où son extraction était
la plus facile. Comme il n'était pas question d'investir dans un travail qui ne
soit pas immédiatement productif, les aménagements de la mine se limitaient à
la création d'un vague cheminement entre les déblais maintenus par des murs de
pierres sèches, afin de faciliter le travail des sorteurs. La poudre n'était
employée qu'avec parcimonie lorsqu'une masse calcaire gênait la poursuite des
travaux. Mais quand le minerai devenait trop dur, s'appauvrissait, ou que l'on
rencontrait une nappe d'eau, on préférait abandonner la mine et reprendre une
excavation voisine souvent abandonnée dans les mêmes conditions.
Cette
attitude était rendue possible par le grand nombre de gîtes de fer de cette
région. (Les ingénieurs de mines estimaient au XIXe siècle qu'il y avait plus
de 300 ouvertures de mines sur la seule commune de Palairac). Ces mines reprises
épisodiquement affectent des formes très diverses dues à la variété des
conditions gîtologiques. Les amas karstiques à ciel ouvert ont été
exploités les premiers. Remplis de tonnes de déblais par un abandon prolongé,
et donc difficiles à remettre en exploitation, ils n'ont livré que peu de
minerai au XVIIIe et au XIXe siècle. Les mines souterraines de Serremijane et
las Coupes, qui ont constitué la majorité des approvisionnement en fer de
cette époque et donné leur nom à la principale concession, se présentent
sous la forme de remplissages de karsts subverticaux.
Il
n'était donc pas très difficile de les exploiter en perçant des travers-bancs
à la base de la montagne, ou tout au moins de remonter le minerai par des
systèmes de treuils et de descenderies aménagés à peu de frais dans les
dépilages. Ou encore, de percer dans le filon des galeries descendantes par les
quelles on pourrait remonter le minerai à la brouette. C'est ce que des
ingénieurs de renom comme de Gensanne, Duhamel, ou Brochin, se sont efforcés
en vain de conseiller. Mais la forme complexe et très lenticulaire de ces
gîtes déroutait les mineurs, car il est vrai que la stérilité est souvent
voisine de l'abondance. D'autre part le bois nécessaire à ce genre
d'installation technique faisait justement défaut et n'était d'ailleurs
employé qu'avec parcimonie dans l'étayage. L'éponte étant suffisamment
solide pour ne pas avoir besoin de boiser, on se limitait à laisser quelques
piliers tournés, et, exceptionnellement à placer un étai de bois quand une
roche menaçait de se détacher du plafond.

Il est à peine besoin de
préciser les problèmes engendrés par ce mode d'exploitation complètement
anarchique. Outre que creuser le minerai en descendant est plus difficile qu'en
montant, se pose le problème des déblais qu'on doit évacuer en remontant dans
des chantiers abandonnés, maintenus par de dangereux murets de pierre sèche.
Bien souvent les mineurs sont obligés de déplacer à nouveau ces déblais,
quand le chantier principal semble épuisé. Le remontage du minerai est
particulièrement pénible et périlleux. Les sorteurs n'emportent ainsi à
chaque voyage qu'une vingtaine de kilos dans leurs hottes. La mine est
abandonnée au moindre problème d'exhaure ou d'aérage. Il est donc difficile,
quand on visite ces mines d'y déceler une quelconque organisation artificielle,
et beaucoup passaient et passent encore pour des grottes.
Le
carreau de la mine n'était pas mieux aménagé. Les déblais, quand ils ne
pouvaient être laissés à l'intérieur, étaient étalés pour former une
terrasse. On y stockait le minerai, trié par des femmes. A proximité
s'élevait une cabane, souvent de pierre sèches, qui servait à entreposer la
poudre et les outils. Un ou deux fours de grillage étaient aménagés dans le
bord de la terrasse, de façon à faciliter leur chargement par le haut. Comme
les cabanes, ces fours (5)
étaient construits à sec avec des fragments d'éponte ou de minerai pauvre.
Le
grillage n'est indispensable qu'avec des minerais pyriteux, qui ne peuvent être
directement réduits dans des forges catalanes. C'est pour cette raison qu'on
délaissait les gisements de pyrite de fer au profit des mines d'hématite,
goethite ou sidérose. Le seul intérêt de cette opération sur ces derniers
minerais était de réduire leur poids d'environ 1/3, ce qui permettait une
économie substantielle sur les coûts de transport.

Le
transport du minerai était en effet assuré uniquement par des mulets dans la
plus grande partie des Corbières, les rares routes carrossables, mal
entretenues, n'étaient pas ou plus accessibles à des charrettes lourdement
chargées (6).
Un mulet est capable de transporter 120 kg de minerai, soit un peu plus de la
moitié de la production moyenne par mineur et par jour. Ainsi en 1835, la
production de l'année s'élevant à 986 tonnes, un convoi de 50 à 100 mulets
partait en moyenne tous les trois jours ravitailler les forges. En 1813 le
minerai était vendu 1,33 F. le quintal sur le carreau de la mine, 2,80 F à
Lagrasse où il était entreposé puis expédié par charrettes, 5,65 F à
Saint-Denis-Lacombe, la forge la plus éloignée du lieu d'extraction. Le
transport représentait donc 50 à 72% du prix du minerai, soit largement plus
que les chiffres recueillis par Denis Woronof, qui estime que sous la
Révolution le transport comptait pour 30 à 60% du prix global du fer en
France.

Les
graphiques 1 à 5 montrent bien la part considérable de la main d’œuvre et
des transports dans les dépenses de l'exploitation et le prix de revient du
fer. Les investissements y sont nuls (figure 4). L'absence de qualification des
ouvriers s'observe dans l'échelle des salaires : le commis touche
seulement 25 % de plus qu'un manœuvre (figure 2). La répartition dans l'année
des expéditions de fer à la forge de Quillan montre le caractère saisonnier,
lié au calendrier agricole des activités d'extraction et de forgeage (figure
1). (Compte tenu des décalages entre extraction et expédition, la période fin
janvier-fin février correspond à une période de froid où le transport est
sans doute impossible ; juin à août au chômage de la forge par manque
d'eau ; fin novembre-début octobre à l'occupation des mineurs par des
travaux agricoles (foins, vendange, labours). L'absence d'investissements
techniques ne s'explique pas seulement par les contraintes naturelles que nous
avons vu : gîtologie complexe, relief faisant obstacle aux transports,
absence de bois et d'eau, mais surtout par des conditions économiques et
sociales particulières. Les Corbières ne possèdent pas d'infrastructure
industrielle, les grosses forges étant situées en périphérie soit, dans la
haute vallée de l'Aude, la Montagne Noire, l'Ariège et les
Pyrénées-Orientales. Les débouchés locaux sont insignifiants, la population
réduite, et les capitaux sont rares. En effet, les propriétés se sont très
morcelées en Languedoc du fait de la pratique du partage égal entre tous les
héritiers. Comme l'a montré E. Le Roy Ladurie (7)
dans sa thèse, le Languedoc, pays à l'écosystème fragile, est entré depuis
le seizième siècle dans un cycle de sous développement dans lequel le terroir
agricole s'est trouvé sacrifié. L'économie minière et métallurgique des
Corbières est un exemple typique du cycle infernal de mauvaise gestion des
ressources : on grille le minerai avec du charbon de bois pour faire des
économie de transport, or le bois se fait de plus en plus rare, notamment parce
qu'il est détruit par l'élevage. Et le transport nécessite de nombreuses
bêtes de sommes qu'il faut nourrir. Le sol nu ne retient plus l'eau, la
végétation a du mal à repousser et le débit des cours d'eau est moins
régulier. Les forges et les moulins manquent donc d'eau en été etc.
Un
dernier obstacle aux investissements techniques vient des structures sociales
Languedociennes : l'extraction du fer, comme toute autre activité se
pratique en famille ou par petits groupe. L'individualisme et l'égalitarisme
des esprits ne favorise pas les groupements importants de capitaux et de main d’œuvre.
Comme dans le reste de la France, l'extraction du fer des Corbières est
adaptée à une économie agricole où les paysans se faisant mineurs trouvent,
sans avoir besoin d'investir, un revenu complémentaire qui leur permet de
survivre. Elle ne dégage pas de bénéfices pouvant être réinvestis dans des
améliorations techniques.
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Principales sources et orientation
bibliographique :
BROCHIN :
Rapport au conseil des mines sur les mines de fer de Villerouge, Félines,
Palairac et Davejean et sur les mesures à prendre pour régulariser leur
exploitation et les faire valoir au profit du Trésor Publique comme
propriétés domaniales. 21 floréal an 13. Ms. 12 p. (Arch. dép. de
l'Aude, S 742).
BROCHIN :
Rapport à Monsieur le conseiller d'état directeur général des mines, sur
les mines de Villerouge... 4 décembre 1813. Ms. de 13 p. et plan de
situation. (Arch. dép. de l'Aude, S 742).
FRANÇOIS
Jules : Recherche sur le gisement et le traitement direct des minerais
de fer dans les Pyrénées et particulièrement dans l'Ariège suivi de
considérations historiques, économiques et pratiques sur le traitement du fer
et de l'acier dans les Pyrénées. Paris, 1843, 2 vol.
LAPASSAT
Robert : " L'industrie du fer dans les Pyrénées orientales et
ariégeoises au XIXe siècle. I les forges catalanes. II Martinets et boutiques
de cloutiers ", dans Conflent, n° 120, 1983,78 p. ; n°
129, 1984, 96 p.
WORONOFF
Denis : L'industrie sidérurgique en France pendant la Révolution et
l'Empire. Ed. de l'E.H.E.S.S., Paris, 1984, 592 p.
Complément bibliographique :
LANGLOIS
(Gauthier). - « L’exploitation minière de l’Antiquité à nos jours
dans le canton de Durban », Opération
Vilatges al País, canton de Durban dans les Corbières, sous la direction
de Francis Poudou, Narbonne : Fédération Léo Lagrange, 1999, vol. 1, pp.
92-107.
(On peut se procurer
cet ouvrage volumineux et très riche de 404 pages au prix de 220 F + 30 F de
frais de port à Vilatges al País - Ciném'Aude 2000, 27 avenue de Lattre de
Tassigny, 11 000 Narbonne, tél. 04 68-32 00 83).
Retrouvez
aussi un forum de discussion sur les mines des Corbières sur le site
Cathare.org
http://cathares.org/plateforme0200.html
|
Langlois (Gauthier). – Olivier de Termes, le cathare et le croisé (vers 1200-1274), Toulouse : Éditions Privat, 2001, 288 p. (Collection Domaine cathare). (Les pages 84 et 184-185 sont consacrées à l’exploitation des mines du Termenès aux XIIe et XIIIe siècle) Dossier
Olivier de Termes, le cathare et le croisé sur le site Cathares.org |
![]()
Notes :
(1)
Cette étude a été rédigée à partir
de notre maîtrise, Inventaire et étude des mines et industries
métallurgiques des Corbières, du Moyen Âge à nos jours, Université de
Paris I, 1987, à laquelle nous renvoyons pour les références qui seraient
trop nombreuses pour cet article.
(2)
Il fut notamment envoyé par le ministre
Trudaine visiter les mines et les forges de Bohême et du Tyrol en compagnie de
Gabriel Jars. Il travailla avec de Dietrich pour son rapport sur les Pyrénées.
La Révolution lui donna également d'importantes responsabilités.
(3)
La concession de Serremijane et Las Coupes
resta dans la même famille jusqu'en 1909.
(4)
Nous en connaissons une partie par une
plainte, déposée par Varnier à la suite d'un vol commis par quelques mineurs
jaloux en 1785 : 3 hottes ou "gourbils", 2 corbeilles, 3 pelles de
bois, 1 écheveau de coton, 20 mèches soufrées, 60 livres de poudre, 15 livres
d'huile d'olive dans deux jarres...
(5)
Ceux que nous avons étudié, comme celui
du Roc Noir, mesurent autour de 2,80 m de diamètre et 2,20 m de haut, avec une
ouverture de 0,60 à la base pour le tirage et le déchargement.
(6)
Dans le Canigou, relate l'ingénieur des
mines Brochin, certaines mines n'étaient même pas accessibles aux mulets. On
employait alors des femmes...
(7) E. Le Roy Ladurie, Les Paysans du
Languedoc, Paris, SEVPEN, 1966.
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Page
réalisée par Gauthier
LANGLOIS Extraite
du site Paratge à l’adresse : |
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La mine de houille de Ségure Le petit bassin houiller de Ségure s'étend sur les communes de Tuchan et Quintillan, autour du hameau et du château du même nom. Il appartient à l’étage géologique du Stéphanien-Moyen et forme une ellipse d'environ 2,5 sur 1 km. Une seule couche, de 0,95 m de puissance a été exploitée, les autres étant trop mêlées de schiste. Des éruptions volcaniques survenues il y a des millions d’années ont rendu la houille dure et sèche. Ses caractéristiques, sèche et assez impure, la rendent impropre à de nombreux usages industriels, car on ne connaissait pas les procédés de lavage, qui permettent maintenant de trier le schiste du charbon. Un tri manuel était donc effectué à la sortie de la mine pour séparer l'argile schisteuse noire imprégnée, de la houille. Aussi, malgré les espoirs des minéralogistes des Corbières, on n'a jamais pu l'employer avec succès dans la réduction des minerais de fer et de cuivre. On ne peut pas en faire du coke, et la tentative d'installer des hauts-fourneaux à Ségure en 1839 fut un échec. La qualité la moins cendreuse a cependant été utilisée pour le grillage des minerais, et le chauffage des fours des forges maréchales. Sinon, elle a surtout été employée à la cuisson de pierres à chaux et de briques destinées à construire ou réparer les fortifications de Perpignan et des environs. Chaptal et Pailhoux au XVIIIe, puis Paliopy au XIXe l'ont aussi utilisée pour la réduction du minerai d'antimoine, à las Corbos (Maisons), la Bouzole (Palairac) ou les Orts (Soulatgé).
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Conception
et réalisation du site :
Gauthier
LANGLOIS http://paratge.chez.tiscali.fr/ |
Extrait de :
http://paratge.chez-alice.fr/vap/MineSegure.htm
Extraits
de :
http://cascastelchateau.fr/Documents/Les%20Mines.pdf






Suite
sur le site du Château de Cascastel :
http://cascastelchateau.fr/Documents/Les%20Mines.pdf
G. Rancoule, Y. Solier, « Les mines antiques des Corbières audoises », Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon… Actes du XLIXe congrès de la Fédération Historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, Montpellier, 1977, pp. 23-39.
G. Langlois, Olivier de Termes, le cathare et le croisé, (vers 1200-1274), Toulouse : Éditions Privat, 2001, 288 p.
G. Langlois, « L'exploitation du fer à Villerouge et Palairac (Aude, XVIIIe - milieu XIXe), une absence de techniques ? », Les techniques minières de l'Antiquité au XVIIIe siècle, Actes du colloque international sur les ressources minières et l'histoire de leur exploitation de l'Antiquité à la fin du XVIIIe siècle, réuni dans le cadre du 113e Congrès des sociétés savantes, Strasbourg, 5-9 avril 1988. Paris : éditions du C.T.H.S., 1992, p. 205-214. L. Maury, La Résistance audoise (1940-1944), Comité d'histoire de la Résistance du département de l'Aude, 1980, 2 tomes.
G. Langlois, Inventaire et étude des mines et industries métallurgiques des Corbières (Aude) du Moyen Âge à nos jours. Mémoire de maîtrise, Université de Paris I, 1987, 2 vol.
Rapport BRGM R 39498 de Bruno Alabouvette, mai 1997.
Journal
d’information trimestriel de la Drac Languedoc-Roussillon, n° 1, janvier
2001. En ligne à l’adresse :
Note de S. Roué du CPEPESC Franche-Comté publié sur le site de l’Équipe
Interdisciplinaire d'Études et de Recherches Archéologiques sur les Mines
Anciennes et le Patrimoine Industriel (Ermina) : http://members.aol.com/arkmetal/FERMETURES.html
EXPLOITATION MINIERE ET ECONOMIE DES METAUX DANS L'ARRIERE-PAYS NARBONNAIS DURANT L'ÂGE DU FER ET LA PERIODE ROMAINE (AUDE)
SOURCES
ET BIBLIOGRAPHIES
SOURCES
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AD
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http://www.univ-tlse2.fr/utah/fer/
http://www.ermina.fr/presentation/index.html
Les
anciennes mines de cuivre, argent et barytine du secteur Padern-Montgaillard
(Aude)
A partir du site du Château de Cascastel